Le matériel
:
Ce n'est pas le matériel qui fait le pêcheur
mais il y contribue. Il en va ainsi pour la pêche au
toc comme des autres techniques, mais là où
cette méthode se distingue notablement, c'est par le
choix parfois difficile de la canne tant les possibilités
offertes sont grandes.
Les cannes :
En effet, il est surprenant de constater
qu'à chaque époque de l'histoire de la pêche
au toc la canne utilisée, notamment par sa longueur,
a sensiblement variée. Léon Floch recommande
une canne en bambou à fil intérieur d'au moins
6 mètres. Jean Lamoure utilise, quant à lui,
une canne de composition identique, à fil intérieur
également, mais de seulement 3,30 à 3,50 mètres.
Alphonse Arias en reste à une fil intérieur
mais en matériaux composites, et d'une longueur comprise
entre 3,90 mètres et 4,20 mètres. Enfin, Pierre
Sempé, dont les modèles de cannes sont vendus
dans le commerce, préconise une canne de type anglaise,
c'est-à-dire une canne à faible conicité,
d'action semi parabolique très douce et à anneaux
extérieurs, et de longueur égale à 3,90
à 4,50 mètres. Signalons, pour en terminer,
que très récemment Olivier Plassereau, a mis
au point une canne courte de 3,30 mètres relancant
ainsi une mode assez ancienne (modèle Epore de chez
Sert).


Modèle de canne téléréglable
de 4,85 mètres à 6,98 mètres de marque
Daiwa (CP 4220 R).
De ce passé, il est étonnant
de constater que nous avons garder l'essentiel. De fait, il
est aujourd'hui possible trouver trois grandes catégories
de cannes : premièrement les cannes à fil intérieur,
généralement assez longues pour prospecter les
secteurs encombrés ; deuxièmement, les cannes
de type anglaises décrites plus haut ; et troisièmement
les cannes téléréglable à longueur
variable. Donc sur quels critères doit-on choisir sa
canne ?
Il est évident que sa propre histoire
de pêcheur est le premier critère de sélection.
Quand on a appris à pêcher avec un type de matériel,
on a toujours quelques résistances à en changer
et on a même parfois la certitude qu'il s'agit du plus
approprié à notre technique. Affranchi de ces
considérations personnelles, je conseille de choisir
sa canne en fonction de vos lieux de pêche habituels
: un petit cours d'eau encombré, une grande rivière
dégagée. Cependant, et de manière générale,
il faut retenir que les cannes longues (plus de 5 mètres)
permettent un meilleur contrôle de la dérive,
mais du fait de leur encombrement et de leur masse relativement
élevée, elles sont plus fatigantes que les cannes
courtes (3,90 ou 4,20 mètres) lors de longues parties
de pêche. Au contraire, les cannes de type anglaise,
très à la mode en ce moment, ne permettent pas
un aussi bon contrôle mais par leur légèreté,
procurent d'avantage de plaisirs et de sensations notamment
lors des combats avec de beaux salmonidés. D'autre
part, une canne courte facilite les lancés et donc
autorise la prospection de postes plus éloignés,
avantage indéniable sur des parcours difficiles (eaux
claires et truites éduquées). Enfin les téléréglables
offrent un compromis entre longueur et encombrement, aspect
à ne pas négliger lorsque l'on pêche habituellement
différents types de rivières. De la même
manière, les cannes à fil intérieur sont
très utiles sur les cours d'eau encombrés, là
où la frondaison recouvre pour une bonne part les bords
du parcours de pêche mais aussi lorsqu'il pleut : alors
qu'avec une canne à anneaux classiques, quand il pleut,
le fil colle à la canne et rend, très vite,
les lancés difficiles voir impossibles, ce n'est pas
le cas avec une canne à fil intérieur, car le
crin reste plus longtemps sec. Personnellement, je conseille
de pêcher avec une canne courte et je crois même
que le toc peut se pratiquer avec n'importe quelle canne,
dans la mesure ou l'on respecte ses grands principes de montage
et de dérive.

Modèle de canne à fil intérieur
avec le premier élément téléréglable
(4 à 6 mètres) de marque Sert (Akiline Pump).
Les moulinets :
Le moulinet est l'autre élément,
à mon avis primordial, de la pêche au toc. Il
est de coutume que le moulinet, pour cette technique, ne soit
considéré que comme une réserve de fil.
Cette affirmation qui été, et qui reste vrai
lorsque l'on s'équipe d'une canne longue, ne l'est
plus, de mon point de vue, en ce qui concerne les cannes courtes.
Toutefois, notons d'abord qu'il existe trois sortes de moulinet
appropriées pour le toc : le moulinet capoté,
celui à tambour fixe et celui à tambour tournant.
Premièrement les moulinets capotés,
sont des moulinets compacts, légers (150 grammes pour
les plus performants), ils possèdent un frein efficace
et surtout ils permettent des lancers assez longs. Cependant,
ils présentent des inconvénients importants
: faible capacité d'accueil (guère plus de 70
mètres en 16/100), faible récupération
et vrillage du fil fréquent et irréversible
lors d'utilisation de nylons fins. En fait, même si
ce sont de bons moulinets ce ne sont pas les mieux adaptés
à la pêche au toc.

Moulinet capoté
de marque Daiwa (US 80XB) assez lourd en comparaison de certains
modèle de la marque Mitchell.
Deuxièmement, les moulinets tournants,
dont tout le monde sait que les "Ritma " sont les
leaders du marché, présentent plusieurs gros
avantages : faible poids (inférieur à 100 grammes)
donc grand confort, faible encombrement donc accrochage peu
fréquent du fil à la végétation
et/ou du fil à la poignet du moulinet car celle ci
est réduite à son minimum. Muni d'un prolongateur,
ces avantages s'en trouvent renforcés. On le monte,
en général, sur la bas de la poignet de la canne
et il sert ainsi à équilibrer l'ensemble canne-moulinet.
Mais il ont aussi des défauts importants : on les utilise
comme une réserve de fil uniquement et ils ne permettent
donc pas d'effectuer de lancer. Avec, on en est donc réduit
à pêcher avec une bannière assez courte.
Enfin, le fil fin vrille rapidement à cause du faible
diamètre du noyau du tambour. De tous les moulinets,
il faut leurs reconnaître un avantage non négligeable
: ils restent les plus économiques, et demeurent les
moulinets traditionnels de la pêche au toc.

Moulinet Ritma 73 de chez Bam
Troisièmement et dernièrement,
les moulinets à tambour fixe sont parfois jugés
incompatibles avec le toc. Mais les modèles actuels
présentent des avantages indéniables. Bien sûr,
ils ont des inconvénients : leurs lourdeurs relatives
(160 grammes environ), les perruques et nuds qu'ils
génèrent, plus facile à faire qu'à
défaire, et le fil qui s'accroche à la manivelle
lors du lancer. Cependant après avoir passé
la barrière psychologique qui nous réfreine
tous à utiliser ce type de moulinet et après
s'être adapté à l'ensemble canne-moulinet
(équilibrage avec le moulinet placé vers le
haut de la poignet de la canne) on s'aperçoit vite
que ce matériel domine singulièrement dans le
domaine de la récupération grâce à
un ratio digne de ce nom, qu'il possède un frein toujours
très efficace (choissez un modèle avec un frein
avant, le plus simple d'utilisation) mais aussi et spécialement
qu'il surclasse les deux autres catégories de moulinet
dans le domaine de la distance de lancer. En fait, il a toutes
mes faveurs, et je le conseille vivement à tous ceux
qui désire réellement progresser et atteindre
des postes " lointains ".

Moulinet ultra léger
(160 grammes) de marque Sert (Minox FD 103).
Le fil et les autres
éléments matériel de la pêche au
toc :
Avec les progrès techniques, le diamètre
des nylons utilisés pour la pêche au toc a considérablement
diminué. Il y a encore peu, un corps de ligne en 22/100
n'avait rien d'étonnant ou de choquant. Désormais,
il existe des 12/100 ou 14/100 très résistant
et donc suffisant pour sortir de bien belles prises. Ces fils
offrent un avantage de discrétion évident, notamment
par eaux claires et peu profondes. Cependant, avec des crins
aussi fins, les nuds, les vrillages et les perruques
sont plus fréquents, et il convient donc de ne pas
négliger leur qualité ; personnellement, je
conseille le 12/100 spécial truite de la marque Sempé
(Sempé plus) ou le 14/100 de chez Mitchell Quartz.
Ces deux modèles sont les meilleurs du point de vue
de la résistance, de l'élasticité et
de la mémoire (faible). Concernant le choix du fil
de corps de ligne deux approches sont possibles. Premièrement,
on garnit son moulinet d'un fil fluorescent orange ou jaune.
Très visible il rend la partie de pêche plus
facile mais il est alors nécessaire d'employer un bas
de ligne transparent. Deuxièmement, on choisis de monté
un fil transparent donc invisible pour les poissons mais aussi
pour le pêcheur. Son utilisation, plus difficile, réclame
donc l'emploi d'un guide fil du type " rigoletto "
mais le montage de l'hameçon se fait directement. J'ai
opté pour la seconde solution qui, me semble-t-il,
présente moins d'inconvénient que la première
et c'est ce que nous verrons plus loin dans la section Montage.
Pour le reste du matériel, on trouve
dans le gilet du pêcheur au toc : des hameçons
de taille numéro 6 à 12, un assortiment de petits
plombs fendus, une pince ciseaux, un dégorgeoir, et
de manière facultative, une épuisette et un
panier (ne conserver pas les truites qui vous font l'honneur
de mordre à votre appât dans un sac plastique
!). Enfin, selon les parcours, le toqueur doit revêtir
des cuissardes ou un wadder.
Le matériel du pêcheur de truite
au toc est donc à la fois simple et technique : une
canne, un petit moulinet garnis d'un fil fin, quelques plombs
et voilà tout .
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