Nicolas CAMPAGNE,
m'avait promis un article sur la pêche au toc et bien
le voila, un excellent travail à consulter sans tarder.
Bravo et merci Nicolas.
INTRODUCTION ET HISTORIQUE
:
La pêche à la truite est le loisir d'un grand
nombre de personnes (plus d'un million ont une carte de pêche).
Différentes techniques sont utilisées : lancé,
mouche, toc, posé etc. Dans le cours texte qui suit
je vais essayer d'expliquer les nombreux ressorts d'une technique
que j'affectionne particulièrement : la pêche
au toc. Pour cela, je développerai dans une première
partie l'histoire de cette technique, puis dans une deuxième,
je traiterai du matériel, avant de consacrer un chapitre
au montage et de terminer en étudiant l'action de la
pêche au toc.

L'histoire de la pêche
au toc :
La pêche au toc est une technique assez récente
contrairement à ce que l'ont pourrait penser. En effet,
issue des techniques très anciennes de pêche
aux appâts naturels, l'affirmation de ses grands principes
a véritablement été développée
dans les années d'après Deuxième Guerre
mondiale.
La technique de la pêche aux appâts
naturels est, sans conteste, la plus ancienne, car il est
évident que c'est en proposant aux truites leur alimentation
habituelle et favorite que les premiers pêcheurs ont
réussi leur premières captures. Parmi les méthodes
utilisées pour prendre de la fario aux appâts
naturels, on peut citer la beuze originaire des Alpes du Nord
et de Franche-Comté, la pêche à la barre
du Massif central ou bien encore la pêche " au
ver à rouler ". Cette dernière technique,
qui consiste à faire rouler un gros ver, monter au
bout d'une ligne lourdement plombée, sur le fond du
lit de la rivière est à la plus proche de la
technique qui nous intéresse.
C'est dans les Pyrénées que
le toc a été mis au point. Le premier ouvrage
consacré à cette technique est paru en 1951,
sous la plume de Léon Foch, et intitulé L'art
de pêcher la truite. Ainsi l'auteur insiste pour la
première fois sur l'importance du transport de l'esche
par le courant. Les conséquences sont immédiates
: longueur de la canne pour un meilleur contrôle de
la dérive et plombée relativement légère.
26 ans plus tard, en 1977, Jean Lamoure publie la truite en
eau vive, introduisant la plombée étalée
et progressive. L'auteur pêche à cette époque
vers l'aval, avec un équipement similaire à
celui de Léon Floch même si la canne préconisée
est plus courte. Plus près de nous, en 1988, Alphonse
Arias, dans Le guide Arias du vrai pêcheur de truites
apporte au toc deux éléments : il remonte le
courant et il monte des plombées ultra légères.
Enfin en 1997, un des grands maîtres de la pêche
au toc, Pierre Sempé, livre dans Ma pêche au
toc un chapitre important de l'histoire de cette technique
non pas en révolutionnant les méthodes (il les
affirme en apportant quelques touches personnelles) mais en
marquant son attachement à une nouvelle philosophie
de la pêche aux appâts naturels. En effet, la
pêche aux appâts naturels a longtemps été
décriée par les puristes de la pêche à
la mouche. A ce sujet, le très bon film de Robert Redford,
Et au milieu coule une rivière, en offre une parfaite
illustration. Aujourd'hui la finesse du matériel et
des montages, mais aussi l'état d'esprit des pêcheur
au toc (par exemple pratique du no kill) contribuent à
faire changer cette vision moqueuse d'une technique pourtant
ancienne et noble. Les " toqueurs " recherchent
au travers des plaisirs de la pêche une communion avec
la nature, l'accomplissement du beau geste, parfois avant
même l'exaltation de la capture du poisson.
Nous voyons que le chemin parcouru depuis
l'époque d'une pêche primaire aux appâts
naturels à celle d'une pêche moderne au toc a
été long. Cette évolution, sensible dans
les mentalités, comme nous venons de l'expliquer, ce
constate aussi dans le matériel ainsi que dans les
montages utilisés. C'est ce que nous allons voir dans
une seconde partie.
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