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Les leurres aux carnassiers - Moulinets et crinelles - 3/5

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Le choix du moulinet.

Le choix d’un moulinet pour la pêche des carnassiers aux leurres n’est pas une simple affaire. Les grandes marques se disputent les inventions toujours plus innovantes, la gamme des prix est des plus étendue (de quelques dizaines à plusieurs centaines d’€uros), et les qualités très hétérogènes. Comme nous l’avons vu, il est possible d’opter pour un moulinet à tambour tournant ou au contraire pour un à tambour fixe.

Les moulinets à tambour tournant.

Moulinet à tambour tournant Daiwa

Moulinet à tambour tournant Daiwa.

Les moulinets à tambour tournant, sont essentiellement utilisé avec les cannes de casting bien qu’ils pourraient parfaitement l’être avec les autres types de canne. Ils présentent deux avantages : leur légèreté et leur vitesse de récupération.

En effet, ils sont généralement plus légers que les moulinets à tambour fixe, environ 230 à 300 grammes, ce qui participe à la maniabilité et au confort de l’ensemble canne/moulinet. Cette légèreté se fait au détriment de la capacité : une centaine de mètre de nylon d’un diamètre de 30/100. D’autre part, leur vitesse de récupération est souvent assez lente (environ 50 cm par tour de manivelle), certains en possèdent deux, ce qui est un bon point pour l’animation des leurres.

Ce sont des bons outils, robustes, équipés de frein précis et puissant et compatibles avec les tresses, mais ils sont chers (250 €uros est un prix courant), donc souvent réservés aux pécheurs les plus aisés.

Les moulinets à tambour fixe.

Les moulinets à tambour fixe sont, et de loin, les plus employés par les pêcheurs français, mais quelques critères doivent guider le futur acheteur. En fait, parmi les innovations proposées, toutes sont bonnes bien sûr, mais certaines sont plus indispensables. On trouve, en effet, des moulinets équipés d’une multitude de roulements à bille (jusqu'à 15), d’un anti-retour infini, d’un système anti-vrillage,… Les matériaux qui les composent peuvent être sophistiqués, issus de la recherche aéronautique et spatial : magnésium, titanium, alliage nickel-titane, aluminium, duralium et/ou graphite. Bref beaucoup d’éléments dont la finalité est parfois subtile à comprendre, et l’efficacité peu significative. Néanmoins, le poids, la qualité de la bobine et des éléments de roulement, mais aussi la vitesse de récupération sont à prendre en compte.

Les moulinets à tambour fixe sont plus lourd que ceux à tambour tournant. Bien que la légèreté soit importante, ce qui importe en priorité c’est que l’ensemble canne/moulinet soit équilibré et homogène donc que le moulinet soit adapté à la canne. Lors des longues parties de pêche l’équilibre de l’équipement évitera une fatigue prématurée et donc une trop grande lassitude à effectuer des lancers sans cesse réitérés. Les bons modèles mi-lourds pèsent 350-400 grammes. Au delà, ils seront réservé aux pêches fortes, à ceux qui recherchent exclusivement les gros carnassiers tel que le silure.

Les éléments, que l’on pourrait qualifier de roulement, c’est-à-dire la bobine, le pick-up et son galet, l’axe du moulinet et son entraînement jusqu’à la poigné, sont l’objet de fortes contraintes, c’est pourquoi il faut s’y attarder. En effet, le pêcheur projète et ramène la ligne à de grandes reprises, parfois avec énergie, et c’est le moulinet qui subit le maximum de frictions tant au niveau de la bobine que des éléments internes. Ainsi, il vaut donc mieux privilégier un moulinet équipé d’un galet de pick-up possédant un roulement afin de limiter le vrillage et les frottements directs du fil dessus (le galet tourne au moment du rembobinage) et dans une matière résistante à l’abrasion. La lèvre de la bobine doit posséder les même qualités de dureté. En fait, ces points sont capitaux si le pêcheur emploie une tresse.

La capacité et la vitesse de récupération sont des éléments secondaires mais qui restent importants : 200 mètres de 30/100 sont largement suffisants et il est inutile de choisir des moulinets à la récupération ultra-rapide, cela ne sert à rien et au contraire, c’est même nuisible à l’animation des leurres. Entre 70 et 80 cm par tour de manivelle suffisent amplement.

Pour en finir sur le chapitre des moulinets, peu importe que vous optiez pour un modèle à tambour fixe ou un autre à tambour tournant, choisissez le selon vos moyens (on en trouve des corrects pour 30 ou 40 €uros) mais avant tout, achetez le robuste et endurant. Il n’y a pas pire désagrément de devoir stopper net une partie de pêche à cause d’une défaillance technique de son matériel comme par exemple une anse de bobine qui tombe en lambeaux !


Le fil et les autres composants du matériel du pêcheur aux leurres.

Pour pêcher, il ne suffit pas d’avoir une canne et un moulinet. D’autres choses sont nécessaires et notamment une primordiale : du fil.

Nylon ou tresse.

Parmi les matériaux conçus pour satisfaire les exigences des pêcheurs sportifs, on peut nommer dans un premier temps les nylons et encore plus proche de nous les tresses.

Les nylons ont d’abord révolutionné la pêche au lancer. C’est en 1937 que la société Du Pont de Nemours dépose le premier brevet de ce produit qui seulement deux ans après trouve une application dans le domaine de la pêche aux Etats-Unis, avec le monofilament. En 1941, l’auteur français Louis Carrère dans son ouvrage intitulé Technique du lancer léger, décrit la percée du nylon en France : « Le lancer va connaître une amélioration remarquable grâce aux application du Nylon […] Un produit […] qui représente un progrès incontestable ». En avril 1947, dans la revue Au bord de l’eau, Massé titré un article « Le nylon, un grand conquérants » dans lequel il s’extasie devant les qualités de cette fibre synthétique, et pour laquelle il conclut : « cette ligne semble avoir été créée pour le pêcheur par un dieu tutélaire. »

Sans aller jusque là, il est vrai que les monofilaments en nylon offrent actuellement de nombreuses performances, même si on peut aussi leur trouver plusieurs défauts. Ils ont pour principales qualités, un aspect lisse, la facilité avec laquelle on les nouent, des diamètres relativement fins et homogènes en comparaison à leur résistance, mais cette solidité résulte de trois critères plus ou moins significatifs selon les références : résistance à la traction, à l’écrasement et à l’abrasion. Ce dernier point est d’ailleurs à ne pas négliger dans le cadre de la technique décrite : le fil contenu dans le moulinet du lanceur subit en effet les frottements contre les anneaux de la cannes mais surtout contre tous les obstacles immergés ou non du lieu de pêche (herbiers, branches, roches…), les accrochages n’étant pas rares non plus. D’autre part, les nylons modernes sont soit très discret pour le poisson avec une niveau de réflexion quasi nul dans l’eau, soit très visible par le pêcheur (couleurs fluorescentes) offrant ainsi un plus grand confort de pêche. Enfin, ils possèdent une propriété qui me semble essentiel pour la pêche aux leurres : l’élasticité. En s’étendant facilement ils amortissent, par exemple, les erreurs de ferrage ou les rushes des poissons. Pour la pêche des carnassiers, il convient de se munir d’un nylon relativement bien résistant (7 kg me semble un minimum). Mais avec une telle solidité, le nylon a quelques défauts. Il n’ai pas franchement souple et fait preuve de mémoire c’est-à-dire qu’il conserve la forme qu’il a emmagasiné dans la bobine et il forme donc des spirales qui sont fortement nuisibles : pertes significatives de distance au lancer, et forte propensions au vrillage et au perruquage (bonjour les nœuds). Le manque de souplesse est aussi un facteur dégradant de la nage de certains leurres qui sont en quelque sorte bridés. Enfin le nylon est un matériau qui vieilli assez vite et mal, il est donc indispensable de le remplacer régulièrement (une fois par an au moins) Cette raideur relative n’enlève tout de même pas aux lignes en nylon leurs incontestables apports à la pêche en générale et aux pêche fine en particulier.

Les tresses ont d’autres attributs qui en font a priori les meilleurs et les préférées de beaucoup, pour la pêche aux leurres. Premièrement, leurs solidités est incroyables ; un nylon de 28/100 de diamètre possède, environ, une résistance comprise entre 7 et 8kg. A résistance égale, une tresse ne mesure que 12 à 16/100 pour les bons modèles, voir moins pour les meilleurs (Berkeley annonce pour sa tresse Whispflash une résistance de 11 kg pour un diamètre de seulement 6/100. Ça laisse quand même perplexe !) Cette solidité permet de pêcher fin ce qui favorise les lancers longs. Deuxièmement, les tresses sont très souples, donc elle n’ont pas de mémoire, ce qui contribue à diminuer les inconvénients liés à ce problème (vrillage) et évoqués plus haut à propos du nylon. Et troisièmement, elles s’usent très peu et on peu donc les conserver longtemps.

Mais chaque médaille a son revers et les tresses aussi peuvent être critiquées. Elles sont en premier lieu coûteuses notamment par rapport aux monofilaments en nylon (il ne faut pas espérer en trouver à moins de 25 euros et leur prix atteint parfois les 50 euros la bobine de 100 m !). Ensuite elles sont très abrasives, c’est pourquoi j’ai évoqué à plusieurs reprises l’impérieuse nécessité de posséder un matériel bien adapté (anneaux de la canne, bobine et galet du pick-up du moulinet en silicium, titanium etc.) Enfin, elles ne font preuve d’aucune élasticité ce qui peut être un avantage autant qu’un inconvénient. En effet, les touches sont beaucoup mieux perçues mais elles ne pardonnent pas ou très peu les erreurs d’animation. Cette caractéristique impose aussi d’utiliser une canne souple comme je l’ai déjà exprimé (la rigidité de la canne additionnée raideur de la tresse sont, de mon point de vue, préjudiciables).

En fait, du nylon ou de la tresse il faut choisir en fonction de ses besoins et des avantages et inconvénients réciproques de ces deux matières. Et c’est dans le domaine du fil de pêche que peuvent certainement encore être réaliser des avancées technologiques significatives : à quand l’invention d’un produit réunissant l’ensemble des qualités du nylon et de la tresse confondus ?

Les autres outils du pêcheur aux leurres.

Comme pour toutes les techniques, nous pourrions multiplier à volonté le nombre d’objets requis pour « bien » pêcher. Néanmoins, je crois au contraire que la surcharge n’est aucunement intéressante en la circonstance de la pêche aux leurres : une boite de leurres, une canne montée, quelques émerillons, une bobine de crinelle ou des avançons déjà prêt (en cas de casse), suffisent. Il faut rajouter à ceci une pince utile pour retirer les hameçons de la gueule des carnassiers et pourquoi pas une épuisette (surtout en barque). Le reste est superflu et souvent inutile, mais rien ne vous empêche d’alourdir votre bardas et donc de vous compliquer l’existence.

Pêcher aux leurres.

Il serrait prétentieux autant qu’illusoire de vouloir, dans ce petit article, explorer exhaustivement l’ensemble de l’action de pêche des carnassiers aux leurres. Il faudrait pour cela aborder successivement le sujet en fonction de chaque poisson (il y en a au moins cinq principaux : brochet, sandre, perche, black-bass et silure), de leurs postes, de leurs habitudes alimentaires ou de la saison par exemple, mais aussi il faudrait traiter de chaque leurres et nous avons vu combien de différents ils en existent. Donc, pour être aussi claire que faire ce peut, je me contenterai de considérer seulement quelques leurres en expliquant d’une manière générale comment s’en servir afin d’être le plus efficace possible. Mais avant cela, revenons sur le montage nécessaire pour la pêche des carnassiers aux leurres.


Le montage.

Comme je l’ai déjà dit, cette technique connaît un véritable engouement dans le landernau des pêcheurs à la ligne. Une des raisons, il me semble, de cet élan populaire est la simplicité et la rapidité de mise en action. Pas de problème de gestion des vifs (comme pour la pêche au vif, comme pour celle au mort manié) ni de un montage complexe mais au contraire un montage rudimentaire suffit. En effet, en poussant la simplicité à l’extrême, il est juste nécessaire de nouer le leurre à son corps de ligne et le tour est joué. Sans allez jusqu’à ce niveau de facilité (qui reste valable dans certain cas :utilisation d’une tresse et recherche exclusive de carnassiers aux dents pas trop acérées (perche)), il existe un montage passe-partout peu coûteux et surtout très fiable et très pratique.

Crinelle 7 brins gainés.

Il consiste à relier un émerillon à perle au corps de ligne. A cette émerillon on fixe un avançon en acier auquel on rajoute un émerillon agrafe ce qui facilite l’accrochage et l’enlèvement de leurres. On ne peut faire plus simple et plus costaud, l’utilisation d’un avançon permettant de prendre tous les poissons y compris les brochets à la dentition très tranchante. Reste le problème du choix de la crinelle pour confectionner l’avançon.

Premièrement, il est possible d’acheter des avançons déjà prêt à l’emploi. Ils sont soit fabriqués avec de la crinelle 7 brins, 19 brins ou 49 brins. Les deux émerillons y sont fixés et, généralement, la qualité ne souffre d’aucunes critiques. On les trouve la plupart du temps en deux longueurs 40 ou 60 cm et en plusieurs résistances (4 à 18 kg). L’inconvénient réside dans leur prix très élevé : de 7,5 à 10 €uros voir plus le lot de 3 avançons. Avec de tels prix la casse revient très cher.

Deuxièmement, le pêcheur peut très simplement réaliser lui-même ses montages aciers (inox en fait) à un coût bien moindre. Il est donc nécessaire de posséder des émerillons et une bobine de crinelle. Vendu en bobine de 2,5, 5 ou 10 mètres, les crinelles sont beaucoup plus économiques. En fait, le prix dépend du nombre de brins : plus il y en a, plus elle est chère. Pour la traque des carnassier aux leurres, même si la souplesse du montage a son importance, elle n’est pas primordiale, et elle l’est d’autant moins que l’on utilise des gros leurres qui tirent beaucoup dans l’eau tels que les poissons-nageurs à grosse bavette ou les cuillers. Je conseille donc de réaliser les bas de ligne avec une bonne crinelle 7 brins, gainés, de préférence : à environ 4 €uros la bobine de 10 mètres soit moins de 1 €uro les 3 avançons, c’est carrément plus économique. Le nouement, je le concède ; bien que plus facile avec une crinelle composée de 49 brins, n’est tout de même pas très compliqué. Lorsque qu’elle est gainée, le thermocollage est une solution rapide (à condition d’avoir sur soi un briquet ou des allumettes), mais le simple fait de torsader très serré la crinelle sur elle-même, suffit à faire tenir les éléments entre-eux. Reste enfin la possibilité d’opérer, sans matériel spécial (sleeves et pinces à sertir) un double nœud toujours très résistant (mais ce n’est pas le plus aisé).

Bref, le montage doit rester dans tous les cas une affaire simple, et qui participe avant tout au plaisir de pêcher.

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