Le matériel.
La pêche aux leurres est une technique
très exigeante, qui nécessite un matériel
approprié du fait essentiel des lancers et des ramenés
très fréquents. Il consiste cependant et principalement
en trois éléments : une canne, un moulinet et
un fil. Le choix de ces outils est avant tout une affaire
de goûts personnels, mais il doit aussi tenir compte
des considérations propres telles que le lieux de pêche
que l’on pratique (grandes ou petites rivières,
lacs, sablières…), les leurres que l’on
emploie (type, masse), ainsi que d’autres éléments
(pêche du bord ou en bateau, poissons recherchés
en particulier…).
Le choix de la canne.
On peut distinguer deux grandes catégories
de cannes : les cannes de casting, très prisées
outre-atlantique et qui pénètrent de plus en
plus le marché français, et les cannes à
lancer traditionnelles.
Les cannes de casting.
Les cannes dites de casting (de lancer en
français !), qui peuvent servir pour pêcher l’ensemble
des carnassiers français, sont cependant essentiellement
utilisées par les pêcheurs de Black Bass. Ces
engins ont pour principale caractéristique une longueur
assez courte. Cette particularité répond à
une exigence de maniabilité et les rend très
agréable. En effet, elles n’excèdent que
très rarement 2,15 mètres ce qui les rend très
légères (environ 120 grammes). Généralement
comprise entre 1,80m et 2,10m, elles sont pratiques à
transporter (il faut à ce sujet éviter les cannes
monobrin bien plus encombrantes que les multibrins (souvent
2)).
Leurs puissances ne varient guère
entre 5 et 30 grammes. On trouve des modèles destinés
aux petits leurres, avec une puissance de 5 à 10 grammes,
mais très souvent elles se situent entre 10 et 20-30
grammes, donc plus polyvalentes et offrant une large plage
d’utilisation des leurres (poissons-nageurs, spinnerbaits,
cuillers, jigs et leurres souples moyens à gros).
L’action des cannes casting, est une
action de pointe marquée. Par exemple, la marque Daiwa,
qui propose ce genre de cannes, qualifie ainsi ses produits
: « action franche de pointe » ou encore «
action de pointe rapide ». En fait, ces gaules sont
assez raides sur toute leur longueur et seul l’extrémité
du scion travaille plus ou moins. Elles sont donc précises
lors des lancers et nerveuses lors de l’animation des
leurres. On peut tout de même parfois leur reprocher
une trop grande raideur, plutôt désagréable
lors des combats.
Enfin, il faut souligner une particularité
qui les distinguent de toutes les autres cannes du marché
: leur prise en main. En effet, on emploie avec ces cannes
un moulinet à tambour tournant (voir ci-après)
placé sur le dessus et non pas dessous comme à
l’accoutumé. Donc pour permettre une bonne prise
en main, les concepteurs ont posé un ergot sous la
poignée, du reste couramment assez courte et en liège.
Ces poignées dites de type revolver sont confortables
tant au lancer que lors de l’animation ou des combats.

Poignée type « revolver
».
En conclusion, ces cannes courtes, légères
et robustes (elles peuvent aisément supporter les charges
des plus beaux spécimens de carnassiers) offrent de
nombreux avantages, et à n’en pas douter, leur
succès ne fait que commencer.
Les cannes à
lancer, souples ou rigides.
Les lancers traditionnels demeurent le standard
dans la catégorie des cannes utilisées pour
la pêche aux leurres. Historiquement au début
du développement de la pêche aux leurres, les
pêcheurs ont généralement conservé
leur ancien matériel, c’est-à-dire bien
souvent des cannes au mort manié, mais les fabricants
ont rapidement enrichi leurs catalogues de cannes spécialisées
répondant mieux aux contraintes de cette nouvelle technique.
De ce fait nous pouvons distinguer deux types de cannes, ayant
chacun leurs adeptes et leurs détracteurs : les cannes
rigides et les cannes souples.
Les gaules rigides, qui sont très
prisées par les pêcheurs au mort manié,
sont plus rarement utilisées pour manipuler les leurres.
Elles présentent tout de même quelques avantages
à signaler. Le scion n’oscille pratiquement pas
et la moindre anomalie lors de la nage du leurre est immédiatement
ressentie jusque dans la poignée, et un ferrage rapide
est souvent le gage de la réussite. De plus, elles
permettent des lancers appuyés donc lointains et qui
n’en demeurent pas moins très précis.
Enfin lors des combats, elles ne craignent pas d’affronter
des carnassiers dignes des prises records, leur solidité
n’étant plus à prouver. Cependant, ces
cannes ont les défauts de leurs qualités : elles
sont franchement tactiles à la touche mais beaucoup
moins en ce qui concerne le ressenti de la nage du leurre
(ce qui est un gros inconvénient), et leur manque de
souplesse occasionne, à la longue, un véritable
inconfort. Enfin, l’utilisation d’une tresse (voir
section suivante) est pratiquement impossible. Bref ce sont
des références pour le mort manié, puissantes
et fiables mais qui ne correspondent pas parfaitement à
la pêche aux leurres.
Avec la monté en puissance de techniques
modernes (leurres et tirettes), et la spécialisation
d’un grand nombre de pêcheurs, les fabricants
ont voulu créer des modèles spécifiques.
C’est ainsi que, sur le modèle des cannes anglaises
du genre quiver tip, des cannes d’action de pointe (c’est-à-dire
que le blank est rigide sur environ les deux premiers tiers
de sa longueur et souple sur le dernier tiers) sont apparues.
Ce matériel est très avantageux pour de multiples
raisons : il est très sensible et réagi à
la moindre sollicitation du leurre, sa nage est bien plus
facile à interpréter qu’avec une canne
raide. Comme précédemment, il y a un coté
tactile non négligeable, mais aussi un aspect visuel
très pratique, car le pêcheur en gardant un regard
sur le scion peut immédiatement en interpréter
les mouvements. Généralement, ces « fleurets
» sont légers et bien équilibrés,
et offrent donc un grand confort de pêche. Même
au court des longues sorties la fatigue ne se ressent pas
ou plutôt, bien moins vite qu’avec une «
trique ». Leur souplesse autorise l’emploie de
montures plus fine puisque la canne encaisse mieux les chocs,
mais aussi et surtout l’utilisation de tresses qui peuvent
être, elles, très fines (10-14/100). Malgré
toutes leurs attributions positives, elles présentent
quelques inconvénients : difficulté à
lancer à très longue distance et pêche
plus ardue dans les courant violent (problème de la
bonne tenue de la ligne). En fait, les cannes souples sont
plus agréables et méritent l’engouement.
Quelles longueurs et
quelles puissances ?
Comme nous l’avons vu, il existe une
catégorie de canne à lancer destiné à
la pêche des carnassiers, les cannes de casting, qui
se caractérise par des courtes longueurs (1,80 à
2,10 mètres). En ce qui concerne les lancers traditionnels,
force et de constater que les longueurs usuellement adopter
sont bien supérieures, de 2,5 à 3,5 mètres.
Le choix de la longueur est encore une affaire de préférences
entre d’une part la distance des lancers, favorisée
par une gaule longue et d’autre part, la maniabilité
et la facilité du transport, plus aisées avec
une canne courte. De manière générale,
lorsque l’on pratique du bord (en bateau les cannes
courte sont à préférer) une longueur
intermédiaire (2,70 à 3 mètres) propose
un bon compromis : réserve de puissance pour les lancers,
bonne tenu de la ligne, praticabilité (encombrement
inférieur à 1,5 mètre pour une deux brins)
La puissance est moins une affaire de coût
que de pratique. En effet, la canne doit correspondre aux
leurres dont on a l’habitude de se servir c’est-à-dire
à leurs masses. Un poisson-nageur flottant de 7 grammes
et une double cuiller de 25 gramme ce n’est pas la même
chose, cela n’impose pas les même contraintes
au matériel tant aussi bien dans l’air (lors
de la phase des lancers) que dans l’eau (lors de l’animation).
Ainsi, on trouve des cannes de puissance variable, légère
à forte, de 5 à 60 grammes. Une canne de puissance
moyenne, mais tout de même assez large est à
privilégier pour sa polyvalence. Il s’agit des
cannes d’une puissance comprise entre 10 et 40 grammes.
Néanmoins, les puissances affichées sont les
puissances idéales théoriques, mais la pratique
prouve que les gaules modernes supportent des charges plus
faibles ou au contraire plus importantes (dans la mesure du
raisonnable, n’allez pas lancer un plomb de 100 grammes
avec une lancer léger, cela pourrait se révéler
très dangereux) sans que cela est une influence notable.
De façon globale, et pour conclure
sur ce chapitre consacré aux cannes à lancer,
en plus des considérations explicitées ci dessus
(action, longueur, puissance et type de canne), il convient
de ne jamais négliger deux points très importants
: premièrement la qualité des anneaux qui auront
à subir le passage très répété
du nylon ou pire pour eux de la tresse. Leur usure peut être
rapide, c’est pourquoi les manufacturiers proposent
des anneaux excentrés (pour favoriser les lancers)
en matériaux spéciaux tel que le zircon ou bien
encore la céramique et le silicium (anneaux dits SIC)
. Deuxièmement, le porte-moulinet doit grandement compter
dans la sélection de la canne. Par prédilection,
il sera à vis plutôt qu’à bagues
et entièrement intégré à la poignée.
Enfin, même si les modèles abordables permettent
déjà de bien s’amuser en prenant du poisson
(ce n’est pas le matériel qui fait le pêcheur)
une canne de qualité, donc souvent chère, est
d’abord un objet de plaisir visuel et tactile, et lors
de l’achat il ne faut pas négliger : pêcher
avec une belle canne est toujours plus agréable surtout
lorsque le poisson n’est pas au rendez-vous.
|