Description
de quelques leurres.

Un poisson-nageur avec
billes bruiteuses.
Dans un soucis d’utilité ainsi
que de concision, je ne décrirai ici que quelques leurres
dans quelques catégories de leurres, leurs singularités,
leurs nages, leurs action de pêche. Il s’agira
de la virgule (twist), de spinnerbait, du poisson-nageur flottant
plongeant mais pour commencer de la cuiller ondulante. Si
toutefois vous désirez enrichir vos connaissances,
il existe un ouvrage publié en 2003, très complet,
qui détaille double page par double page une énorme
quantité de leurres, Les meilleurs leurres pour la
pêche, aux éditions Artémis.

Les cuillers : la cuillers
ondulante.
La cuiller Syclop de
Mepp® possède 17
faces de réflexion de la lumière.
L’utilisation des cuillers pour la
pêche des carnassiers est très répandue.
Mais la plupart des adeptes de ce leurres se contentent de
modèles tournants et non pas ondulants. Pourtant, l’ondulante
est sacrement efficace sur le sandre et encore plus sur le
brochet et même, en début de saison, sur le black-bass
en profondeur. Il existe plusieurs sortes de cuillers ondulantes,
plus ou moins large, plus ou moins lourdes et aux nombreuses
couleurs. En fait, peu importe la cuiller, toutes se comportent
de manière sensiblement identique.
Dès qu’elle atterris dans l’eau,
elle entame une descente chaloupée à l’instar
d’une feuille morte. Dès cet instant, alors même
que l’action proprement dite n’est pas commencée,
la cuiller est pêchante et les attaques ne sont pas
rares. En eau profonde voir très profonde, comme les
lacs de barrages, la cuiller plonge inlassablement et cette
phase est très importante, c’est pourquoi, il
convient que le pêcheur reste très vigilant d’autant
que les touches sont quelques fois très fine et que
la bannière n’est pas tendue.
Pendant la phase d’animation, les tirées
sèches alternent avec les moment de récupération
plus continu et les moments de relâchement lors desquels
la cuiller replonge. Trois épisodes toujours très
lent, et lors desquels le moindre rayon lumineux est aussitôt
reflété avec éclat. L’ondulante
peut aussi s’actionner lentement à la verticale
simplement à la manière de la dandine.
(source La Pêche et les poissons)
L’usage de l’ondulante revêt
de multiples avantages. Prospection de larges zone ce qui
est important lorsque les postes ne sont pas bien marqués.
Elle se lance très bien très loin, et s’anime
à toutes les profondeurs y compris à de faibles
profondeurs et dans le courant même intense, avec un
effet planant très intéressant. Enfin comme
son utilisation reste confidentielle en France (contrairement
à d’autres pays où les pêcheurs
s’en servent presque exclusivement) il n’y a pas
(encore) de phénomène d’accoutumance.
Les poissons sont preneurs d’un leurre qu’il ne
connaissent pas. Choisir l’ondulante plutôt ou
ainsi que la cuillers tournante, c’est la quasi certitude
de réussir quelques belles parties de pêche.

Les leurres souples
: la virgule.
Trois modèles
de virgule.
La catégorie des leurres souples est
très variée, par les textures, par les couleurs,
par les longueurs, mais surtout par les formes. On peut citer
les leurres souples figuratifs tels que les imitations de
poissons (la marque Sosy distribuée par Delalande en
fait des très ressemblants), les imitations de vers,
d’écrevisses, et les leurres moins, voir pas
figuratifs comme les shad à queue plate, et la virgule.
Comme son nom l’indique, la virgule
est formée d’un « corps » assez rond
plus ou moins long et travaillé tantôt trapu,
tantôt fin, et d’une queue généralement
plate et recourbée sur elle-même. Mais la virgule
ne ressemble à rien de vivant, et n’est donc
pas une proie naturelle des carnassiers. Pourquoi est-elle
donc le leurres souple de référence dont le
succès ne se dément pas ? pourquoi peut-on prendre
du poisson avec cet appendis ?
En fait, c’est le premier avantage
de ce leurre de ne rien imiter, mais simplement de toujours
se mouvoir et ça suffit. A l’identique de la
cuiller ondulante, le contact de l’eau le met en action,
il ondoie dans tous les sens au moindre mouvement, au moindre
courant. Le laisser descendre vers le fond est déjà
faire acte de pêche et comme les carnassiers intrigués
peuvent toujours venir s’y frotter, il est indispensable
de ne pas relâcher son attention.
L’animation (certainement aussi une
des raisons de son succès) est des plus simples. On
peut ramener la virgule à la manière d’une
cuiller, c’est-à-dire rapidement, entre les herbiers
par exemple, ou à l’inverse, la tirer irrégulièrement
comme on le ferait avec un poisson mort, alternant ainsi les
profondeurs et la vitesse. De plus, la virgule convient parfaitement
à la dandine entre les branches de la végétation
rivulaire ou loin du bord si l’on pêche en barque.

Un leurre américain
: le spinnerbait.
Un spinnerbait jaune
et vert fluorescent à double cuiller.
Le spinnerbait est un leurre en provenance
des Etats-Unis que les pêcheurs de l’Hexagone
sont peu nombreux à utiliser et depuis fort peu de
temps (il est seulement commercialisé chez nous depuis
1999). En fait, il est la jonction ou plutôt l’addition
de deux leurres : une cuiller tournante et un jig. Cette double
composition le rend très attrayant, il possède
en effet une partie émettant de fortes vibration (les
palettes) et une autre colorée et souple imitant vaguement
une proie. Il en existe ainsi de différents coloris
mais aussi de plusieurs tailles et masses.

L’animation du
spinnerbait (source La Pêche et les poissons)
Ce leurre, qui a fait ses preuves de l’autre
côté de l’Atlantique, possède une
multitude d’avantages. D’abord, il est multi-pêche,
pouvant séduire aussi bien un black-bass qu’une
perche. Ensuite il est multi-action et c’est ce qui
en fait tout son intérêt. On peut l’animer
de plusieurs manière : la première consiste
à le ramener rapidement dès qu’il a atteint
l’eau après le lancer. Il est alors un leurre
de surface très efficace sur les poissons se nourrissant
près de la surface comme les perches pendant les saisons
chaudes. Il a alors l’atout de se propulser très
loin et de ne pas s’accrocher dans les herbiers.
La seconde consiste à laisser descendre
le leurre jusqu’au fonds ; période pendant laquelle
il est déjà pêcheur puis à opérer
de tirée assez sèches mais courte et à
le relâcher et le laisser redescendre. Avec ce mode
opératoire, il est possible de tromper la vigilance
des carnassiers postés sur les fonds profonds ; les
brochets sont ainsi très friand de cet ersatz d’appât.
Enfin, le spinnerbait peut s’animer
à la verticale (comme les leurres cités avant)
et à toutes les profondeurs même les plus importantes
lors de pêche en barque en lac.
Les poissons-nageurs :
le flottant plongeant ou crankbait.

Une perche (40 cm, 1,2
kg) prise au lac du Salagou, avec un Shap Rap (Rapala®).
Comme je l’ai souligné dans
la première partie de cet article, il existe une quantité
astronomique de poissons-nageurs. Les couleurs, les formes,
les tailles et les masses sont autant de variables possibles.
Mais ce qui singularise le plus un poisson-nageur d’un
autre c’est sa nage. Il y en a des coulants et des flottants
plongeants ou « suspending », parmi lesquels ont
peut nommer les longbills minnow, les Jerks bait et les crankbaits.
Ces derniers ont ma préférence bien que je ne
dédaigne pas les autres, c’est pourquoi je développe
ici leurs actions.
En fait, les crankbaits se caractérisent
d’une part par leurs formes et d’autres part par
leurres bavettes : ils sont trapus c’est-à-dire
assez rond et plutôt court et il sont équipés
d’une bavettes relativement importante et horizontale
ou presque dans l’axe du corps.

Le Dives-To de Rapala®
plonge jusqu'à 5 m.
Quand ils atterrissent dans l’eau,
ils flottent. Cet aspect est, il me semble, intéressant.
En effet, en laissant le leurre un instant inerte, il attise
la curiosité des poissons postés non loin de
la surface. Bon nombre de black-bass, au mois d’août,
se jettent sur les poissons-nageurs (poppers ou crankbaits
ou autres) avant même la moindre animation.
Au moment de la récupération,
ils plongent immédiatement à la profondeur variable
pour laquelle ils ont été conçu. Ainsi
y-en a t-il des faiblement plongeants (entre 1 et 2 mètres)
et des plus fortement plongeants (4, 5 mètres et plus).
Ceci représente un avantage évident : la prospection
dans différentes couches d’eau. En fait, c’est
la forme et surtout la dimension de la bavette qui détermine
la profondeur de nage. La bavette a aussi pour fonction de
percuter en premier les obstacles, donc de diminuer les accrochages
(du moins c’est ce que prétendes les fabricants),
mais aussi en raclant les fonds de soulever un nuage de poussière
qui peut capter l’attention des prédateurs.
Mais l’animation du crankbait nécessite
un entraînement préalable et, surtout une bonne
compréhension de ses principes de fonctionnement, très
utile pour assurer une franche réussite. Premièrement,
il n’est pas utile de prospecter les zones de manière
systématique. En effet, les crankbaits ont la particularité
et l’avantage d’emmètre de très
fortes vibrations perceptibles par les prédateurs à
plusieurs mètres. Leurs nages très chaloupées
et ondulantes, dès les premiers lancers répétés
au même endroit, suffisent donc généralement
à faire réagir les carnassiers. Dans le cas
contraire il est inutile d’insister et plus judicieux
de passer à une autre zone.

(source La Pêche et les poissons)
Deuxièmement, l’animation peut
différer d’un lancer à l’autre :
la récupération continue, assez monotone, mais
très efficace puisque le leurre a, rappelons le, sa
propre animation ondulatoire. En fait, le poisson-nageur atteint
rapidement sa profondeur de nage et y reste tant que le pêcheur
mouline. Mais l’important, c’est la vitesse de
récupération : le pêcheur doit la doser
en fonction du modèle qu’il emploi, pas trop
vite pour que la trajectoire reste ordonnée, et pas
trop lentement pour que le leurre émette le maximum
de signaux. Cette animation très simple est parfaite
dans bien des cas, par exemple lorsque les eaux sont troubles
et que les carnassiers ont besoin pour mordre de stimuli facilement
identifiables.

(source La Pêche et les poissons)
La tirée brusque est la seconde animation
possible. Elle est aussi très simple puisqu’elle
consiste à accélérer le retour du leurre
pendant un court instant lors de l’animation continue.
Le pêcheur selon qu’il veut un accélération
courte ou longue agit sur la canne ou le moulinet. D’un
coup, le leurre devient étrange aux yeux des poissons
en quête de nourriture donc actif, comme une proie qui
cherche à leurs échapper, ce qui provoque une
attaque réflexe.
La troisième animation demande un
peu plus de doigté. A l’inverse de la tirée
brusque, la récupération est entrecoupée
de pauses plus ou moins longues. Le leurre remonte donc s’il
est flottant, ou reste stable s’il est« suspending
», période durant laquelle il représente
une prise facile pour un carnassier pas très actif
ou indécis. Lors de ces pauses, le fil se d’étend,
et une vigilance accrue, voir un petit tour de moulinet, sont
plus que recommandés pour ne pas rater une attaque.

(source La Pêche et les poissons)
Avec les crankbaits le pêcheur ne s’ennui
pas, il change rapidement de zones sondées et il varie
les animations selon sa volonté et prend souvent du
poisson. Pour toutes ces raisons, les crankbaits sont des
leurres très intéressants (et que j’apprécie
personnellement beaucoup).
Nous avons vu dans le détail seulement
quelques leurres. Il en existe une foultitude qui ont chacun
leur avantages à un moment ou à un autre. Les
leurres sont relativement onéreux, mais il faut, je
pense, une boite de 5 ou 6 leurres différents pour
commencer et s’amuser.
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