Site officiel de la Fédération de Pêche de L'Aveyron

Les leurres aux carnassiers 1/5

Niveau des eaux en Aveyron, avec graphiques.
Pêche en Aveyron

Fédération de Pêche de l'Aveyron
Réglementation
Réserves de pêche
AAPPMA Aveyron
L'information locale
Poissons en Aveyron
Gestion des Ombres
Ruisseaux en danger
La carpe en Aveyron
Le carnassier en Aveyron

Parcours de pêche (Map)

52 Rivières - 22 Lacs
Carte Aveyron (Map)
Principaux lacs 21
Lac des Picades
Nord Aveyron 8
Nord Lot 12
Centre Aveyron 6
Centre Viaur 10
Sud Tarn 12
Au Sud Tarn 3
NO-KILL 10

Une partie de pêche avec :

Alexis Portal - Black Bass
Florian Molinié - Carpe
Jean Claude Bauguil - Le carnassier à Sarrans

Documents techniques

Impact chaussées et barrages
Expériences sur ruisseau
Protéger les frayères
Truites natives ou hybrides ?

La vidéo du mois

Novembre 2008



 

La pêche au toc - Le brochet à la mouche - Leurres à carnassiers - Montage des mouches (photos) - Noeud final avec les doigts - L'outil whip finish - Outillage mouche - Insectes aquatiques - Noeuds pêche - Calcul de bas de ligne - Accueil techniques de pêche

 

Leurres Carnassiers : Accueil - Le matériel - Moulinets Crinelle - Les leurres - Conclusion

 

J’aime beaucoup le site pecheaveyron.com, et je viens souvent y faire un tour. J’y ai virtuellement rencontré beaucoup d’autres pêcheurs, tous sympathiques (et particulièrement Bruno CHASSERIAUD), et qui, je crois, ont comme moi le soucis majeur du respect de la nature. J’ai donc voulu apporter une petite contribution.

La pêche des carnassiers aux leurres est une technique que j’ai découvert il y a peu et comme toujours je m’y suis d’abord intéressé par la lecture. C’est de là que m’est venu l’idée de rédiger l’article qui suit.

Vous trouverez donc quelques éléments sur la technique proprement dite ainsi que sur la matériel qui convient de posséder. Je n’est aucunement la prétention de détenir une quelconque science en la matière (je n’ai pas essayer toutes les cannes ni tous les leurres du marché), et je pense que d’autres amateurs ayant plus d’expérience que moi, donneraient de bien meilleurs conseils. Toujours est-il que ce qui m’a le plus passionné, c’est de comprendre la genèse de ce mode de pêche, c’est pourquoi je développe pour une bonne part un premier chapitre traitant de l’histoire des leurres pour laquelle, il y a, bien évidemment, énormément plus à dire.

Prendre des carnassiers avec des leurres, c’est toujours surprenant et enthousiasment et les prises sont souvent au rendez-vous. Donc lisez bien et surtout pêchez bien.

Nicolas Campagne (NicolasC sur le forum)

Une boite avec quelques leurres

Une boite avec quelques leurres.

Depuis peu, la pêche aux leurres connaît un véritable succès. Beaucoup de pêcheurs aux carnassiers, en mer comme en rivière, délaissent les techniques traditionnelles tel que la pêche au vif ou inversement celle au poisson mort manié, et ils s’équipent en poissons-nageurs et autres leurres souples. Depuis avril 2003, une revue est même entièrement consacrée à cette technique.

Comment expliquer cet engouement ? Les raisons sont diverses et multiples, mais celles qui priment certainement sont la facilité de mise en œuvre comme nous le verrons ci-après ainsi que le ludisme de cette technique qui garde, tout de même, un rendement important. En effet, il est toujours surprenant de tromper un poisson à l’aide d’un simple morceau de plastique même si celui-ci, il est vrai, ressemble, parfois à s’y méprendre, à une proie naturelle. De la même manière, par exemple le traqueur de sandre est quelque fois étonné de cueillir dans les mailles de son épuisette une belle perche ou tous autres carnassiers qui n’étaient pas sensés mordre à ce moment là et sur ce leurre là.

D’autre part, la pêche aux leurres se singularise des autres techniques, par sa pluralité quant au choix des leurres. En excluant la pêche à la mouche, qui n’est pas ici notre propos, on trouve dans le commerce un grand nombre de types de leurres. Poissons-nageurs, cuillers, leurres souples, leurres américains … se distinguent les uns des autres par leurs formes, leurs couleurs mais surtout par leurs nages et les vibrations qu’ils émettent.

Il convient, me semble-t-il, d’étudier différents aspects de la pêche aux leurres des carnassiers en rivière. Notons d’abord que nous concentrerons notre propos essentiellement sur quelques espèces de poissons : brochet, sandre, perche et blak-bass. Nous reviendrons donc sur l’histoire de cette méthode de capture, sur le matériel nécessaire, ainsi que sur les différents types de leurres et leurs modes d’action.

Petite histoire de la pêche aux leurres.


Les poissons-nageurs.

La pêche aux leurres bien qu’aujourd’hui très à la mode, est une technique ancienne. En effet, Izaac Walton, dans son ouvrage Le parfait pêcheur à la ligne, mentionne, en 1653, l’invention d’un poisson artificiel destiné à la pêche de la truite. Il s’agit d’une imitation de vairon confectionné à la main par une femme : « la masse ou corps du vairon fut faite de drap et préparée, comme ceci à l’aiguille : le dos du vairon étant en soie de France d’un vert très sombre et d’une soie verte plus pâle à l’approche du ventre et ombrée aussi parfaitement que vous pouvez l’imaginer et tout comme vous voyez dans un vairon véritable ; le ventre aussi construit à l’aiguille et une partie était de soie blanche et une autre faite de fil d’argent ; la queue et les nageoires venaient d’un tuyau de plume d’oiseau, lequel tuyau avait été taillé très mince ; les yeux étaient formés de deux petit grains noirs et la tête si bien ombrée et le tout si curieusement travaillé, si exactement reproduit que, dans un courant rapide, il pouvait tromper la truite aux regards les plus pénétrants. » Ce passage montre, comment il y a 350 ans, les pêcheurs avaient compris l’intérêt d’un leurre imitant un poisson ainsi que son efficacité.

Un autre leurre rencontre un certain succès au XVIIIème siècle : le poisson d’étain constitué, comme son nom l’indique, d’étain, mais aussi d’un morceau de liège recouvert d’une peau de poisson. Mais se sont les anglo-saxons, véritable adeptes de la pêche sportive de loisir, qui vont développer le concept des poissons artificiels.

Vers 1800 le « Phantome Minnow » fait son apparition dans le panier des pêcheurs britanniques. C’est un poisson avec la tête et les nageoires en mental fixées sur un corps en soie. En France, sous le Second Empire, c’est un leurre au nom évocateur qui remporte un gros succès : « le tue-diable ». Il s’agit très simplement d’un plomb ovoïdal recouvert de soie pour figurer le corps et entouré de fils d’argent ou d’or, et qui est « une chose qui n’a point d’analogue dans la nature, mais qui brille beaucoup » selon Henri de La Blanchère.

En 1874, c’est aux Etats-Unis que sont fabriqués les premiers leurres brevetés en bois. En 1880 du verre sert à la fabrication du corps et en 1883 les premières peintures sont utilisées pour recouvrir certains leurres. En fait, bien qu’il n’est pas laissé dans l’histoire un souvenir aussi impérissable qu’un autre fabricant de poissons-nageurs (Lauri Rapala dont nous allons reparler), c’est bien James Heddon que l’on peut considérer comme le premier manufacturier de ce type de leurres en bois, installé dans le Michigan.

Depuis l’évolution a été très rapide du point de vue technique. En effet, en 1907 sont construits les leurres articulés, en 1917 ceux en Celluloïd et c’est en 1936 que Lauri Rapala lance sur le marché des poissons-nageurs à bavette confectionné en balsa. Ce dernier, qui pêche les grands carnassiers sur les très nombreux lacs finlandais, a observé que les poissons s’attaquaient plus volontiers à des proies à la nage erratique, en fait, à des proies faibles ou blessées. En sculptant dans le balsa ses leurres, Rapala va faire en sorte de reproduire le plus exactement possible ces comportements et c’est pourquoi, encore aujourd’hui, ces poissons-nageurs « traditionnels » restent aussi efficaces et recherchés par les pêcheurs (La firme Rapala dans son rapport annuel de 2002 annonce un chiffre d’affaire de près de 180 millions d’€uros).

Lauri Rapala

Lauri Rapala (source :rapala.com).

Actuellement les différents fabricants rivalisent d’ingéniosité afin de rendre les poissons-nageurs toujours plus preneurs. L’utilisation du plastique permet certaines innovations importantes telle que l’incorporation de billes internes émettant du son. En fait, les densités, les couleurs, les formes, les types de nage, font des poissons-nageurs d’aujourd’hui des objets de haute technicité mais qui gardent un but équivalent à celui de 1653 : tromper la vigilance des carnassiers à partir d’une imitation.


Les cuillers et autres leurres.

Les poissons-nageurs ne sont pourtant pas les seuls leurres à être utilisés pour la traque des carnassiers. On trouve chez tous les bons détaillants d’articles de pêche, une multitudes de leurres souples, de leurres hybrides, mais aussi et surtout des cuillers tournantes ou ondulantes.

Gravure du Nouveau Dictionnaire des Pêches 1885.
(Source : Autrefois la pêche en eau douce).

C’est certainement un écossais (encore un anglo-saxon) qui le premier a inventé la cuiller pour la pêche des grosses truites de mer. Nous ne connaissons pas la date précise de cette invention (probablement au cours de la première moitié du XIXème siècle) mais elle est signalée pour la première fois dans le Nouveau dictionnaire général des pêches de La Blanchère en 1885 : « Figurez vous la partie creuse d’une cuiller à dessert coupée près du manche ; percez un trou en haut pour y passer une corde filée et une grappe d’hameçons pendant sur la cuiller et mettez-y une seconde grappe d’hameçons, pendant cette fois dans le vide. Attachez à 0.20 m au dessus de la cuiller deux bons et solide émerillons. Faite que la cuiller soit brillante comme de l’argent ou de l’or et lancez la dans la cascade ». Cette engin de pêche reste très approximatif, et il s’agit d’avantage d’une cuiller ondulante que tournante ; de plus elle présente un gros inconvénient, il faut lourdement la plombée (30 ou 40 grammes) pour pouvoir la propulser à une distance convenable avec les cannes de cette époque. Enfin les moulinets à tambour tournant, qui ne sont rein d’autre que de véritables « treuils », et une soie d’un diamètre important ne facilitent pas la récupération si importante pour la pêche au lancer. On peut en déduire que les premières cuillers ne sont pas des plus discrètes, mais les auteurs affirment leurs efficacités.

Etrangement, les progrès ne vont pas naître directement du leurre lui-même, mais des moyens pour le propulser. En effet dans les années 1930, l’apparition du moulinet à tambour fixe donne un nouvel élan à ce type de pêche : « Dés lors tout change. La facilité avec laquelle la ligne sort du nouveau moulinet et s’immerge, la délicatesse du frein, permettant un allégement considérable de l’ensemble ligne, leurre, plomb » écrit le colonel François dans son ouvrage intitulé Toute les pêches sportives.

Le Malloch à l’origine du moulinet à tambour fixe, 1895

Le Malloch à l’origine du moulinet à tambour fixe, 1895.
(Source : Autrefois la pêche en eau douce).

Ainsi et de manière concomitante la cuiller avec une plombée en tête est mise au point. En plus de la plombée sur la cuiller elle-même, les cuillers modernes ont la particularité d’avoir un axe fixe de rotation grâce au perçage de l’extrémité haute de la palette qui tourne librement sur une tige métallique. Un livre publié en 1927 et rédigé par Preskawiec, L’ABC des pêches sportives en fait la description suivante : « La rotation est facilitée par une perle métallique (jamais en verre) sphérique, maintenue en position par une autre perle plus petite serrée et soudé sur le fil de laiton ».

Enfin un dernier point retient toutes l’attention des pêcheurs autant que des concepteurs de cuiller : la couleur. A l’origine simplement dorées ou argentées puis durant la seconde moitié du XIXème dorées sur la partie convexe et argentées sur la face concave, les cuillers, devant la méfiance grandissante des poissons, vont être colorées et utiliser des matières nouvelles. En 1900, la société Wyers Frères lance la cuillère en nacre, « La Pirate », et en 1930 on en trouve, dans le commerce, avec un pompon rouge sur l’hameçon. Mais sont-elles utilisées pour la pêche des carnassiers ?

Bien que d’abord élaborées dans la perspective de prendre des truites, les cuillers tournantes et ondulantes ont vite fait leurs preuves sur le brochet ou la perche, le sandre ne se laissant que plus rarement prendre à la cuiller. En 1893, un article de la revue Etangs et Rivières explique le mode opératoire de la pêche des carnassiers à la cuiller en bateau, le tout agrémenté d’une très belle peinture d’un brochet capturé par ce type de leurre (ill. ci-dessus) . De même, la publicité de la cuiller en nacre citée précédemment n’oublie pas ce point : « On a constaté que dans des eaux claires où le brochet ne faisait plus attention à la cuiller en métal, il se jetait au contraire avidement , ainsi que la perche, sur la cuiller en nacre ». Enfin, dans L’ABC des pêches sportives, on trouve écrit à propos du pompon : « On a pu, en eau très claire, constater que des perches et des brochets happaient souvent la palette seule si l’hameçon n’était pas empenné, ce qui occasionné de nombreux ratés ». Aujourd’hui, les cuillers tant ondulantes que tournantes arborent des couleurs fluorescentes et des mouvements très attractifs, ce qui fait dire à Jean-Luc Faure, le PDG de la célèbre société Mepps : « … il paraît difficile d’optimiser la qualité de rotation de nos cuillers. Toutes les mesures et analyses effectuées de manières scientifiques ont confirmé la parfaite optimisation des palettes en terme de rotation et de fréquences vibratoires ». Ces propos n’exclut pourtant pas des progrès futurs et J-L Faure rajoute : « En revanche, il est encore possible d’optimiser les différents stimuli de nos leurres en fonction de l’évolution de nos connaissances des mœurs des poissons ». Bref les cuillers ont encore de beaux jours devant elles.

 

Le souplex, un leurre souple très imitatif.


Le souplex, un leurre souple très imitatif.

Un grand nombre d’autres leurres ont été mis au point afin de mystifier les carnassiers à différentes époques et dans différents pays. Nous ne pouvons pas tous les citer, même s’il est à noter l’importance des leurres souples. A l’origine, dans l’esprit des concepteurs, il s’agit de reproduire le plus fidèlement possible des proies existantes. C’est ainsi que dans les années 1930 que les pêcheurs français vont découvrir le « Souplex » et surtout le « Pike couic ». Le premier est disponible en quatre tailles (n°1 à 4) de 12 à 4.5 cm afin de pouvoir pêcher tous les types de poissons. Il est d’un coût élevé puisqu’il faut débourser 7,50 francs pour l’acquérir, mais cela en vaut la peine : il est « fabriqué en matière souple et résistante, sa forme et son coloris lui donnent l’aspect d’un poisson naturel ». Le second, dont l’inventeur est le célèbre Louis Perrot, fabriquant dans le Vème arrondissement de Paris, affirme que son leurre est « le sosie du poisson naturel », que c’est « le seul leurre ayant l’aspect, l’allure et la consistance du poisson vivant ». Sa nage renforce ce sentiment de similitude avec la réalité car grâce à ses matières, il est « souple, ondulant, vibrant, vivant ». Aujourd’hui, les matières utilisées dans la fabrication des leurres souples sont remarquables par leurs souplesses, leurs densités, ou leurs coloris. Assez bizarrement, le plus important n’est plus la ressemblance absolue avec la réalité, c’est pourquoi on en trouve de toutes formes (queue plate, ver…) et surtout de toutes les couleurs notamment des plus inattendues (à l’instar de ce que nous avons déjà décrit pour les cuillers), fluorescentes voir holographiques.

le Pike Couic. A noter qu’il est équipé de 3 hameçons triples

le Pike Couic. A noter qu’il est équipé de 3 hameçons triples.

Pour conclure, nous pouvons dire que l’histoire des leurres est ancienne et diverse. Les progrès techniques des dernières années ont relancé la fabrication de nouveaux leurres très innovants, très efficaces. On peut raisonnablement penser que le chemin ne s’arrête pas là, et que l’imagination des pêcheurs permettra de nouvelles avancées.

Suite

 

Pêche au toc
Le Brochet à la mouche
Les leurres aux carnassiers
Montage canne à mouche
Montage des mouches (photos)
Photos mouches
Outillage mouche
Noeud final avec les doigts
Outil whip finish
Insectes aquatiques
Noeuds de pêche
Bas de ligne

Récits des pêcheurs

La Loue ( 25 Doubs)
La basse rivière d'Ain
Canne à mouche de Clark Gable
Neuvic les coqs de pêche
L'Ariège
Challenge de la siège à Millau
Poissons Nageurs

Manifestations & Calendrier

Challenge aux carnassiers
Responsables concours pêche
Date des concours de pêche
Les Gladiateurs

Hébergements

Campings Aveyron

Divers

Comité Départemental du Tourisme
Les maladies du pêcheur
Météo Aveyron
Offres ou recherches d'emplois
Une tortue dans l'Aveyron
Jeux pêche d'un Ombre- virtuel
Recettes pour la poissonnerie
Archives des sondages
Les récompenses du site

HAUT DE PAGE

HAUT DE PAGE

Plan du site - Nous écrire
Site officiel de la Fédération de Pêche de l'Aveyron - Tous Droits Réservés www.pecheaveyron.com depuis ©1997. (Version 4.2 -
Warning: mysql_fetch_array(): supplied argument is not a valid MySQL result resource in /home/http/pecheaveyron/pecheaveyron.com/www/web/menu/dv_connect.php on line 18

Warning: mysql_num_rows(): supplied argument is not a valid MySQL result resource in /home/http/pecheaveyron/pecheaveyron.com/www/web/menu/dv_connect.php on line 32