Les insectes des eaux douces stagnantes. Lacs de plaine,
Étangs, Mares et Marais.
Les eaux stagnantes abritent de nombreuses espèces
d'insectes aquatiques adaptées à la vie dans
ces milieux. Les faunes sont bien différentes selon
qu'il s'agit de mares, d'étangs de lacs, de marécages,
de lacs de montagne ou... d'une simple flaque d'eau.
Ces milieux ont en commun une richesse en
plantes aquatiques qui envahissent la totalité du milieu
dans les marécages, ainsi qu'une certaine stabilité.
Leur surface et leur aspect évoluent cependant dans
le temps : les mares, les étangs et les lacs se comblent
progressivement par accumulation de débris organiques
et de sédiments et ils se trouvent envahis de végétation,
entraînant des modifications majeures dans la composition
numérique et spécifique de l'entomofaune. Le
mode de formation de ces milieux humides varie énormément
: lac à l'intérieur de cratères d'anciens
volcans éteints dans le Puy de dôme, mares formées
par l'isolement danciens bras morts de rivière,
marais côtiers ou marécages alimentés
par des sources ... Certains sont d'origine humaine, comme
les anciennes gravières et les sablières inondées
ou les étangs artificiels, nombreux autour des villages.
Leur faune est souvent particulière.
Ces milieux humides, surtout les plus modestes
d'entre eux, les mares, sont fragiles et souvent victimes
de rejets de déchets variés. La réputation
d'insalubrité des marais, héritée du
paludisme maintenant disparu de France, ainsi que l'impossibilité
d'y développer des cultures, sont deux raisons qui
contribuent à l'acharnement des hommes à les
assécher.
Les insectes aquatiques se trouvent en majorité
en bordure littorale, particulièrement riche en nombreuses
plantes aquatiques. Ces plantes constituent des refuges pour
les invertébrés phytophages, comme les mollusques
et les insectes aquatiques qui consomment ces plantes. Elles
abritent aussi des insectes prédateurs qui consomment
d'autres invertébrés.
La diversité en espèces végétales
et la nature du fond ont un grand rôle : les insectes
rencontrés ne seront pas les mêmes si le fond
est constitué de sable, de boue, de graviers, de pierres
ou tapissé de mousses. Certaines espèces d'insectes,
en majorité des Diptères Chironomidae, vivent
dans la zone benthique, c'est-à-dire le fond des lacs
et des étangs.
La composition chimique de l'eau est un autre
facteur important. Les eaux sont acides, neutres ou alcalines,
plus ou moins chargées en calcium ou en magnésium,
en matière organique dont la décomposition entraîne
une diminution de la quantité d'oxygène dissous.
L'ensemble de ces facteurs, biotiques et abiotiques, conditionne
la composition faunistique des eaux stagnantes, les insectes
ayant des préférences quant au choix des habitats
disponibles.
Les ODONATES
De nombreuses espèces de Zygoptères et d'Anisoptères
peuplent les eaux stagnantes. Ils forment un des éléments
les plus spectaculaires de la faune des mares et des étangs,
au printemps et en été. Les adultes volent autour
des collections d'eau à la recherche de proies et se
disputent des territoires de vol. L'accouplement a lieu en
vol ou posé sur des supports, en formation de tandem
ou en cur ". Les Zygoptères ont un mince
corps frêle et leur vol est lent et mal assuré.
On rencontre communément des Coenagrion, à l'abdomen
annelé de turquoise et de noir, de petits Ischnura,
à l'abdomen noir et à l'avant-dernier segment
turquoise et la Pyrrhosoma nymphula, à belle couleur
rouge-vif. Beaucoup plus Robustes, les Anisoptères
sont plus grands et leur vol est rapide et vif. Leur yeux
énormes, efficaces dans la poursuite de petites proies
volantes, sont très caractéristiques. Les plus
grands sont les Aeshna et les Anax, de couleur variable selon
les espèces et le sexe, qui se posent à peine
pendant la journée, patrouillant inlassablement au-dessus
des étangs.

Sortie de l'adulte d'Anax imperator (Aeschnidae) de sa mue
larvaire
(photo J.L. Dommanget SFO)
Les Libellula sont plus courtes, avec l'abdomen
d'aspect déprimé et dilaté sur les côtés.
Les Sympetrum ont un corps rouge vif ou fauve. Les Libellules
adultes lorsqu'elles ne sont pas en vol, recherchent des végétaux
pour s'y poser, tels que les branches des arbres voisins ou
les phragmites. Les larves utilisent également les
tiges émergées des plantes aquatiques pour s'y
fixer lorsqu'elles quittent l'eau et passent à l'état
adulte. La présence de roseaux, de Carex ou de Juncus
sur les rives est nécessaire à la vie des Libellules,
en particulier des Anisoptères.

Accouplement d'Ischnura elegans (Coenagrionidae)
photo J.L. Dommanget - SFO
Les larves vivent dans l'eau, protégées
par leur coloration homochrome avec celle du milieu de vie,
qui leur assure un camouflage vis-à-vis des prédateurs.
Les larves de Zygoptères, graciles et aux membres allongés
et fins, se tiennent immobiles parmi les plantes, alors que
les larves des Anisoptères, notamment celles des Sympetrum
et des Gomphus, trapues, sont immobiles sur le fond et dans
la vase. Elles guettent les proies qu'elles repèrent
avec leurs yeux bien développée et leurs trois
ocelles frontaux, les saisissant d'une brusque détente
du corps, prolongé par la détente de leur "masque".
Le masque des larves de Libellules correspond à un
développement particulier du labium, lame articulée
repliée sur la tête de la larves au repos. Le
masque s'étend longuement en avant lorsque la larves
saisie une proie. Les larves se nourrissent de proies variées
en fonction de leur taille : petits crustacés du plancton,
les larves d'autres insectes aquatiques et mollusques gastéropodes.
Une autre particularité des larves de Libellules est
leur maîtrise de la propulsion par réaction.
Lorsqu'elles sont inquiétées, elles éjectent
l'eau contenue dans leur ampoule rectale, ce qui les propulse
brusquement en avant. La méthode est efficace pour
échapper aux prédateurs. La respiration est
assurée essentiellement par des branchies internes
situées sur les parois de l'ampoule rectale. L'eau
est renouvelée régulièrement par des
mouvements d'entrée et de sortie, permettant les échanges
gazeux.
Les COLÉOPTÈRES aquatiques
Les Coléoptères sont représentées
par de nombreuses espèces terrestres mais relativement
peu par des espèces aquatiques. On trouve dans les
eaux stagnantes les représentants de plusieurs familles
au murs très différentes, qui se sont
adaptées à la vie dans ce milieu. On peut distinguer
chez les Coléoptères aquatiques trois groupes
: les herbivores, les carnassiers et les détritivores,
au moins au stade adulte. Chez plusieurs familles de coléoptères
aquatiques, les adultes consomment des plantes. La famille
la plus importante est celle des Hydrophilidae. Ce sont des
animaux de taille très diverse, 1 ou 2 millimètres
pour les plus petits, jusqu'à environ 5 centimètres
chez les grands Hydrophilus piceus et Hydrophilus pistaceus.
Ce sont de mauvais nageurs qui se tiennent le plus souvent
fixés aux plantes aquatiques. La femelle pond des oeufs
qu'elle enferme dans un cocon de soie, flottant chez les Hydrophilus
ou posé sur le sol, comme chez les Helophorus, cocon
qu'elle tisse grâce à une glande abdominale spéciale.
Les femelles des Helochares ne se séparent pas de leur
ponte qu'elles transportent en permanence, fixée sous
leur abdomen, offrant ainsi une protection à leur descendance.
Dans les mares, les larves vivent parmi les débris
végétaux qu'elles consomment. Les adultes sont
en majorité herbivores, consommant activement les lentilles
d'eau, les myriophylles et autres plantes aquatiques dont
ils limitent la prolifération. Certains comme les Hydrochara,
ne dédaignent pas de petites proies ou de petits cadavres.
Une exception est constituée par les Spercheus, qui
vivent dans la vase et sont filtreurs de débris microscopiques,
dont ils se nourrissent.
La respiration des Hydrophiles adultes est
aérienne. Pour ce faire ils doivent remonter à
la surface pour faire une provision d'air. La tête entre
en contact avec la surface et l'insecte déploie ses
antennes courtes, de forme adaptée, couvertes de petites
soies non mouillables à leur extrémité
et il les met en contact avec l'air. L'air est canalisé
le long de la tête et du thorax, puis amené à
la face inférieure de l'abdomen ainsi que dans la cavité
sous-élytrale où les ailes sont repliées,
pour y être stocké. L'abdomen est couvert en
dessous d'une fine couche de soies très denses, argentées
ou dorées, non mouillables, sur lesquelles se fixe
en permanence une bulle d'air que le Coléoptère
entraîne avec lui en plongée. Il existe une exception
: certains Hydrochus ne recueillent pas l'air grâce
à leurs antennes, mais mettent en contact l'extrémité
de leurs élytres avec la surface pour refaire provision
d'air, comme le font les Dytiscidae.

Dytiscus circumflexus (Dytiscidae) photo J.-L. Dommanget (S.F.O)
D'autres types de Coléoptères
consomment des plantes. Les Donaciinae sont des Chrysomelidae
aux moeurs aquatiques. Ce sont des Coléoptères
très esthétiques, au belles couleurs métalliques
variées de vert, mauve ou doré, aux antennes
longues, qui consomment les feuilles de nénuphars,
des Potamogeton et des Carex. On peut voir leurs découpures
profondes dans les feuilles des plantes aquatiques flottantes.
Les adultes se tiennent au soleil sur les feuilles ou dans
les fleurs de nénuphars, dont ils consomment le pollen
et ils plongent rapidement sous la feuille ou s'envolent s'ils
sont inquiétés. Tout comme les Hydrophilidae,
les adultes possèdent un revêtement de soies
d'aspect argenté, hydrofuge à leur face ventrale,
ce qui leur permet de transporter une bulle d'air avec eux
en plongée. Les larves vivent sur ces mêmes plantes,
ainsi que les nymphes, qui recueillent pour leur respiration
l'oxygène produit par les plantes aquatiques grâce
à un stylet enfoncé dans le tissu de la plante.
Certaines Donaciinae, les Hermonia, sont entièrement
aquatiques et recueillent les bulles d'air à la surface
des plantes, ce qui leur permet de se maintenir constamment
immergées. Il existe également des Charançons
aquatiques, qui, eux aussi, vivent sur ces mêmes plantes.
Ce sont de piètres nageurs, seulement capables d'aller
d'une plante à une autre. Leur face inférieure
retient également l'air grâce à un revêtement
de soies hydrofuges.

Donacia (chrysomelidae) photo J.-L. Dommanget (S.F.O)
Les Coléoptères aquatiques
carnassiers sont les Hydradephaga, qui regroupent, en France,
les Dytiscidae, Haliplidae, Hygrobiidae, Gyrinidae et Noteridae.
Ces familles renferment des espèces habituellement
bien adaptées à la vie aquatique et à
la nage le plus souvent performante, à l'exception
des plus petits Dytiscidae et des Noteridae. Les adultes se
trouvent en bordure des collections d'eau, souvent réfugiés
parmi les plantes ou les débris végétaux,
parfois sous les pierres. On rencontre fréquemment
les Dytiscidae regroupés par espèce, ce qui
facilite certainement le rapprochement des sexes. Les larves
vivent dans les même milieux.
Adultes et larves sont généralement
carnassiers. Ils s'attaquent à diverses proies, de
taille proportionnelle à la leur, allant des petits
crustacés du plancton jusqu'à de petits poissons
ou des grenouilles pour les larves et les adultes des Dytiscus
et des Cybister. Les mandibules des larves forment deux crochets
puissants pourvus d'un canal central par lequel elles injectent
un venin après la morsure. Le venin contient des enzymes
protéolytiques qui digèrent les tissus de la
proie, aspirés ensuite par la larve, réalisant
ainsi une digestion pré-orale. Certaines larves ont
des préférences alimentaires, telles celles
des Noteridae, qui fouissent dans la vase du fond ou celles
de Hygrobia hermanni qui consomment des larves rouges de Tubifex.
Les Haliplidae font exception en consommant des algues filamenteuses.
Les Gyrinidae sont adaptés à
la vie à la surface des eaux : ils vivent sur le ménisque
sur lequel ils flottent et se déplacent en tournoyant
très rapidement, généralement en bandes.
Les Gyrinidae montrent une particularité biologique
remarquable : chacun de leurs yeux est divisé en une
portion supérieure, permettant la vision aérienne
et en une portion inférieure, permettant la vision
dans leau. Ils localisent ainsi des proies aussi bien
à la surface, sen saisissant avec leurs pattes
antérieures allongées, quen, profondeur,
étant également capables de plonger pour chasser
ou échapper à un prédateur. Les Dystiscidae
et les Noteridae ont des pattes postérieures en forme
de rames, qui leur permettent une nage rapide et efficace.
En outre, leur corps a une forme hydrodynamique, comme celle
dun sous-marin. La respiration des adultes et des larves
est aérienne : ils remontent à la surface de
leau pour respirer. Les adultes mettent lextrémité
de leur abdomen et de leurs élytres en contact avec
la surface et font le plein dair qui saccumule
dans la chambre sous-élytrale, latrium. Certains
petits Dytiscidae sont cependant capables de recueillir des
petites bulles dair sur les plantes aquatiques, dautres
ont un développement particulier de leurs élytres,
ce qui leur permet de capter loxygène dissous
dans leau à travers leur cuticule. Les larves
de Gyrinidae possèdent des branchies et non pas besoin
de remonter en surface pour respire : elles consomment loxygène
dissous dans leau.

Gyrinus (photo G.Blondeau - OPIE)
Laccouplement a lieu dans leau,
ce qui le rend problématique pour la femelle, maintenue
sous leau par le mâle et ne pouvant revenir en
surface pour respirer. Pour mieux saccrocher à
la femelle, le mâle des Hydradephaga possède
des ventouses adhésives à la face inférieure
des tarses de leurs pattes antérieures et intermédiaires.
Les femelles sont parfois pourvues de carènes, de soies
ou de surfaces rugueuses facilitant la prise des mâles.
La ponte a lieu le plus souvent parmi la végétation.
Les femelles des Dytiscidés du genre Llybius possèdent
un appareil de ponte qui ressemble à une lame de scie,
facilitant l'introduction de leurs oeufs dans les tissus des
végétaux. Les adultes volent très bien
et ils quittent les mares temporaires lorsqu'elles s'assèchent
pour coloniser de nouveaux milieux.
-

Adulte de Hygrobia tarda (Hygrobiida) (gauche) et sa larve
(droite)
photos J.-L. Dommanget (S.F.O)
Sur les berges, dans les zones constamment
humides ou dans la vase, vivent des Coléoptères
semi-aquatiques bien adaptés à ces milieux.
Les Coelostoma, des Hydrophilidae proches parents d'espèces
terrestres vivant dans les excréments de ruminants,
sont amphibies et vivent sous les algues mortes en décomposition.
Également amphibies, les dryops, qui appartiennent
à la famille des Dryopidae, sont capables de plonger
en sagrippant aux brindilles mortes quils consomment,
en emportant avec eux une large bulle dair, grâce
à un dense revêtement de soies. Proches parents
des Dryops, les Heteroceridae des genres Augyles et Heterocerus
vivent en petites communautés dans la vase solide des
bordures sableuses ou argileuses, à lintérieur
dun réseau de galeries. Les larves se nourrissent
de matières organiques, elles construisent une petite
coque creuse en argile dans laquelle sabrite la nymphe
jusquà léclosion de ladulte.
Les adultes seraient carnassiers ; ils possèdent un
appareil stridulatoire mais leur chant nest pas encore
connu. Les Georissus sont des Hydrophilidae minuscules adaptés
au bord des eaux ou aux terrains très humides Les adultes
portent un déguisement quils construisent eux-mêmes,
fait de grains de sable enduit dune salive collante
quils amassent un par un sur leur dos.
Les TRICHOPTÈRES
Les Trichoptères, ou Phryganes, affectionnent les eaux
courantes, mais plusieurs espèces habitent les eaux
stagnantes. Le fait biologique le plus marquant des Trichoptères
est la capacités des larves à produire de la
soie servant à la conception dun fourreau. Celui-ci
est construit avec les matériaux les plus divers mais
il est spécifique de chaque espèce et constitue
un abri pour la larve.

(gauche) Adulte de Phrygane (photo G.Blondeau - OPIE)
(droite) Larve de Phrygane dans son fourreau construit de
plusieurs matériaux
(photo J.L. Dommanget - SFO)
Les Limnephilini et les Phrygaeninae vivent
dans les mares. Les premiers construisent des fourreaux constitués
de feuilles mortes, de brindilles ou de cailloux. Les Phrygaenidae,
quant à eux, construisent un fourreau spiralé
avec un assemblage complexe de très petite brindilles
quils disposent régulièrement. Les larves
se nourrissent des aliments les plus divers, animaux ou débris
végétaux. Elles respirent loxygène
dissous grâce à des branchies abdominales.
Les nymphes s'abritent dans le dernier fourreau larvaire ou
dans un cocon de soie chez les espèces qui n'utilisent
pas de fourreau. Leurs pattes postérieures sont pourvues
de soies natatoires qui permettent aux nymphes de remonter
rapidement à la surface pour permettre la sortie de
l'adulte. Les adultes sont discrets et se tiennent sur la
végétation pendant la journée. Pour pondre
leurs oeufs dans l'eau, les femelles peuvent s'immerger complètement
de façon prolongée.
Les HÉTÉROPTÈRES
Ce sont les "punaises" aquatiques. On en distingue
deux grands groupes : les Géocorises et les Hydrocorises.
Les Géocorises regroupent les Hétéroptères
qui patinent à la surface des eaux et les Hydrocorises
comportent les espèces nageant en pleine eau. Parmi
les Géocorises, les Gerris, les Velia, les Mesovelia,
les Hydrometra et les minuscules Hebrus vivent à la
surface de l'eau, sur laquelle ils patinent en prenant appui
sur les extrémités de leur longues pattes. Leurs
mouvements saccadés et leur vie en groupe les rendent
très caractéristiques de cette faune si particulière
de la surface des eaux douces. Sensibles aux ondes vibratoires,
ils capturent toute petite proie qui s'aventure sur la surface
de l'eau, tel un moucheron tombé là, s'en emparent
avec leurs pattes antérieures et aspirent son contenu
liquide avec leur rostre. Les Hydrometridae affichent au contraire
une démarche lente au bout de leurs pattes filiformes.
Leur forme rappelle une mince brindille et constitue probablement
un camouflage par mimétisme
Les Hydrocorises sont très fréquentes dans les
mares et les étangs. Elles nagent en pleine eau avec
vivacité et s'attaquent à de petites proies
: autres insectes, petits crustacés..., à l'exception
des Corixidae qui consomment des algues filamenteuses. Leur
taille est très variable, de 2 ou 3 mm pour le petit
Plea minutissima jusqu'aux Belostoma et Lethocerus géants
des régions tropicales.

Gerris lacustris (Gerridae) (photo G.Blondeau - OPIE)
Les Hydrocorises les plus esthétiques,
les Notonecta, adoptent une posture d'affût inversée
sous la surface des eaux, l'abdomen dirigé vers le
haut. Les Nepa et les Ranatra respirent sans avoir à
remonter jusqu'à la surface, grâce à un
long siphon respiratoire prolongeant leur abdomen, sorte de
tube qui aspire l'air jusqu'en surface. Les Ranatra sont remarquablement
camouflées et ressemblent parfaitement à une
longue brindille, ce qui leur permet de passer inaperçues
parmi les plantes aquatiques, à l'image d'autres insectes,
terrestres ceux-là, les Phasmes, qui vivent parmi les
plantes épineuses en imitant des branches ou des brindilles.
En revanche, les Nèpes préférent se tapir
dans la boue du fond, dont elles recouvrent leur corps plat,
pour passer inaperçues aux yeux de leurs proies. Les
Géocorises et les Hydrocorises volent bien, en particulier
les Notonecta et elles sont attirées le soir par la
lumière des lampes.

Notonecta glauca (Notonectidae) (photo G.Blondeau - OPIE)
Tout comme pour les Coléoptères,
il existe également des Hétéroptères
semi-aquatiques, qui vivent et chassent sur les berges dans
les plan deau, sur la boue. Les Saldides se tiennent
à laffût, dressées sur leurs pattes
antérieures et observent les environs de leurs grands
yeux. Elles bondissent sur les proies qui passent à
leur portée. Les jeunes dOchtherus marginatus
se déguisent également avec du sable à
laide de leur tête. Celle-ci, plate et dentelée
sur sa bordure à la manière dune grande
pelle, est utilisée pour se couvrir le corps de grains
de sable, ce qui leur confère camouflage et protection.
On trouve les adultes dOchterus souvent réfugiés
à lintérieur de petites logettes quils
creusent dans les flancs des berges ou des ornières,
où ils se tiennent à laffût en guettant
les alentours.
Les DIPTÈRES
Les Diptères, qui regroupent les mouches, les moucherons
et les moustiques, sont un des plus importants ordres d'insectes.
Les espèces ont des aspects et des modes de vie fort
diversifiés. Les Brachycéres comportent de nombreuses
familles, notamment les Tabanidae, les Syrphidae, les Sciomyzidae,
etc., à larves aquatiques. Les adultes ont de courtes
antennes et les larves sont pourvues d'une capsule céphalique
faiblement sciérotinisée, très réduite
et rétractile (larves acéphales).
Les adultes de Nèmatocères
possèdent de longues antennes: Leurs larves sont pourvues
d'une capsule céphalique bien définie (larves
eucéphales) ou partiellement sciérotinisée
et rétractile (larves hémicéphales).
Ils comprennent notamment les Tipulidae, les Psychodidae,
les Chaoboridae, les Culicidae (moustiques), les Simulidae,
les Chironomidae, et les Ceratopogonidae (moucherons piqueurs).
La famille des Chironomidae constitue le plus gros groupe
dinsectes à larves aquatiques en Europe. De nombreuses
espèces à larves aquatiques appartiennent au
sous-ordre des Nématocères.
-
(gauche) Chironome adulte (Chironomidae)
(droite) Larve de Chironomus
(photos G.Blondeau - OPIE)
Certains Diptères aquatiques sont
bien connus des hommes. Cest le cas des moustiques,
dont les larves vivent dans les eaux stagnantes, en particulier
les petites collections deau, comme les mares, les flaques,
etc. Les Culex sont bien connus en France car ces petits moustiques
rentrent le soir venu dans les foyers pour harceler les habitants,
ils sont capables de coloniser la moindre parcelle deau
douce, comme leau stagnante dans une boite de conserve
ou un fossé. Les larves se nourrissent de débris
organiques, de bactéries, etc. Elles respirent grâce
à un siphon respiratoire et se tiennent le plus souvent,
pendues par leur siphon, sous la surface des eaux. Ladulte
se déplace en volant et la femelle pique et aspire
le sang grâce à ses pièces buccales différenciées
en trompe piqueuse. Ce comportement hématophage lui
apporte des protéines pour la maturation de ses oeufs.
Mais les moustiques salimentent également du
nectar des fleurs, qui leur apporte du tréhalose, sucre
qui assure un apport énergétique nécessaire
au vol.
Les moustiques du genre Anopheles sont les vecteurs des plasmodium
du paludisme dans les régions tropicales du globe.
Autrefois, la malaria était inoculée par ces
moustiques en France, mais la maladie semble avoir disparu
de notre pays. Également présents dans les habitations,
les Psychodidae sont de petits Nématocères ressemblant
à de minuscules papillons de nuit car leur corps et
leurs ailes sont couvertes de soie. Les larves vivent dans
les eaux peu profondes des mares et des marais, mais aussi...
dans les siphons des salles de bains, où l'on rencontre
fréquemment les adultes posés sur les murs.
Bien que proches des Phlebotomidae, autres Diptères
suceurs de sang, les Psychodidae, sont inoffensifs. Les adultes
des Ceratopogonidae du genre Culicoides sont de minuscules
moucherons aux ailes souvent décorées de motifs,
volant fréquemment en nuages et capables de harceler
les hommes et le bétail de manière insupportable,
en infligeant des piqûres douloureuses et très
prurigineuses.
Au Pays-Basque et en Espagne, une espèce
inocule une maladie au cheval, la peste équine africaine.
Seule la femelle pique. Les larves sont cylindriques et vermiformes
: elles vivent dans la vase au bord des eaux douces ou saumâtres.
Les Chironomidae sont des Nématocères ressemblant
superficiellement à de petits moustiques. Attirés
par la lumière, on les trouve fréquemment sur
les vitres le soir. Leurs larves aquatiques rouge vif sont
pourvues d'appendices sur le thorax et à l'extrémité
abdominale. Ces larves constituent une part considérable
de la biomasse aquatique des lacs et des étangs et
elles sont une nourriture de choix de nombreux poissons et
d'autres insectes. Les adultes ne piquent pas. Le mâle
possède de longues antennes plumeuses.
Parmi les mouches à larves aquatiques, les Taons (Tabanidae)
sont les mieux connus du public, car eux aussi attaquent l'homme
et le bétail pour s'alimenter en sang. Les larves sont
enfouies dans la boue et consomment de petits invertébrés.
Elles respirent grâce à un siphon quelles
mettent en contact avec la surface. Les Syrphidae sont des
mouches élégantes, au corps annelé de
noir et de jaune, ce qui les fait ressembler superficiellement
à des petites guêpes au vol rapide et saccadé.
Elles ont une étrange capacité à voler
sur place, Grâce au battement extrêmement rapide
de leurs ailes. Les larves dEristalis vivent dans les
eaux boueuses riches en matières organiques, y compris
le purin et les fosses daisance. Elles respirent grâce
à un très long siphon respiratoire rétractile
à lextrémité de leur abdomen, Quelles
peuvent déployer jusquen surface pour sapprovisionner
en lair.
Autres groupes
Dans dautres ordres dinsectes, quelques espèces
particulières côtoient les milieux aquatiques.
Cest le cas de plusieurs familles de papillons dont
les chenilles dévorent les feuilles des nénuphars,
de quelques Collemboles, ou Podures minuscules insectes primitifs
dépourvus dailes qui vivent au bord des eaux
et se déplacent sur la surface sans la traverser. Quelques
Hyménoptères (guêpes) ont des larves qui
parasitent dautres insectes aquatiques.
|