Le B-A-BA de la bonne utilisations des leurres
en période de fermeture du brochet.
Beaucoup de pêcheurs vivent la période
de fermeture du brochet comme une période ne permettant
finalement plus de pratiquer la pêche des carnassiers.
C’est aller un peu vite en besogne. En effet, le type
de leurres utilisable pour pêcher les autres espèces
carnassières est réduit, mais de là,
à en conclure que l’on ne peut plus pratiquer
est aller un peu vite en besogne. Certes le législateur
dispose pour mettre en place ses lois d’un jargon, parfois
très hermétique, mais qui reste tout de même
logique quant au résultat recherché : la protection
de l’espèce brochet. Ce qui n’empêche
nullement de pratiquer la pêche mais avec des armes
différentes.
Fin janvier, le brochet voyait sa pêche se clore. Ceci
afin de le laisser vaquer à sa reproduction. Il faut
dire que cette espèce est particulièrement sensible
et mérite toute l’attention nécessaire
si l’on ne veut pas la voir se raréfier. Depuis
de nombreuses années des mesures ont été
prises pour la protéger autant que faire ce peut. Non
seulement le brochet bénéficie d’une période
de fermeture, de réserves où toutes pêches
sont interdites mais aussi d’une restriction d’emploi
de leurres en ce qui concerne les autres espèces carnassières,
afin d’en réduire les risques de captures. Ce
dernier point n’est pas des plus simples à faire
comprendre pourtant il est indispensable de s’y arrêter
suffisamment pour en mesurer toutes les conséquences.
Comme nul n’est censé ignorer la loi, autant
prendre le temps d’y voir le plus clair possible. La
loi interdit, afin de protéger l’espèce
brochet, l’utilisation de certains leurres et appâts.
De la théorie…..
De nombreux pêcheurs rétorquent que les nouvelles
dispositions ne sont guères applicables et que le fait
de supprimer les leurres ne capturant que du brochet n’est
pas chose facile car un leurre ou appât, quel qu’il
soit, peut capturer du brochet mais aussi du sandre, de la
perche. Cela est en partie vrai, encore qu’en termes
de bonne foi, il faille accepter tout de même que certains
leurres comme les cuillères tournantes, Mepps N°1
sont tout de même des grands classiques de la capture
d’Esox. En fait le législateur a voulu en apportant
cette restriction de leurres et d’appâts, éviter
l’emploi et le maniement de ces appâts, susceptibles
de capturer intentionnellement du brochet. Il est vrai que
cela ne paraît pas évident, mais les spécialistes
s’accordent à dire quand même, qu’il
est plus aisé de capturer un brochet sur un montage
doté d’un poisson mort ou un poisson nageur que
sur un ver de terre ou une de ses imitations, qui lui a de
plus grandes chances de capturer un sandre.
…..à la pratique.
En pratique il va sans dire qu’un leurre quel qu’il
soit, peut, s’il passe devant la gueule d’un brochet,
provoquer l’attaque et la capture. Il est bien évident
qu’un pêcheur qui ne pêche qu’avec
des leurres autorisés durant cette période ne
peut affirmer ne risquer en aucun cas de prendre un brochet.
Par contre il est vrai qu’il limite de fait en excluant
de sa boîte de pêche certains leurres, les risques
de captures de cette espèce. Une nuance qui n’est
pas sans importance en matière de bonne foi. Un brochet
pourra toujours éventuellement mordre ; Il faut savoir
alors se déculpabiliser et savoir aussi (et c’est
une obligation) remettre immédiatement la capture à
l’eau.
Organiser sa boite de pêche en cette période
d’ouverture n’est pas si difficile que cela. Durant
cette période, il faut proscrire de sa boîte
à pêche tout ce qui est de la famille des cuillères.
La fameuse Mepps à pompon rouge ne devra pas être
placée en bout de ligne. Ce sera la même chose
pour tous les leurres mécaniques de type cuillère
telle que les spinner baits et toutes les variantes. Cela
est aisément compréhensible du fait que ces
leurres sont réputés pour ne pas rendre les
brochets insensibles à leur vue. Il va de soit que
c’est la même chose en ce qui concerne la pêche
au vif. Vouloir contourner la loi en utilisant sur une monture
un morceau de poisson est totalement illégal et toutes
explications possibles ne changeront rien : le montage ainsi
utilisé est délictueux.
L’emploi de poissons, morts ou vifs est strictement
interdit. Il suffit tout simplement de retirer tous leurres
et appâts qui de prêt ou de loin évoquent
un poisson en totalité ou en partie. De retirer tout
ce qui par sa nage évoque là aussi un poisson,
ce qui est le cas par exemple des leurres souples doté
d’un flagelle prolongeant le corps (les twists et autres
virgules par exemple).
Leurres souples.
Concernant les leurres souples, il est quasi impossible de
les répertorier tant leur nombre est important. Chaque
jour des nouveaux modèles apparaissent, aussi pour
être sûr d’utiliser un modèle non
prohibé, il suffit d’exclure de sa boîte
de pêche tous ceux qui ressemblent de prés ou
de loin à un poisson, ceux qui par leur nage évoquent
un poison. Ainsi tous leurres souples possédant une
flagelle, sont interdits. Par contre, si vous optez pour un
modèle évoquant un ver (sans flagelle) vous
pouvez pêcher sans problème. La tête plombée
de votre leurre souple ne doit en aucun cas évoquer
une tête de poisson, ou posséder un signal œil.
Elle ne doit avoir pour fonction que le lestage sans aucun
signe distinctif visuel.
Leurres à dandiner.
Pour les adeptes des leurres à dandiner le problème
est très simple. La masse plombée ne doit en
aucun cas évoquer un poisson, des écailles etc.
Le célèbre guignol en forme de poisson est prohibé,
ainsi que toutes ses déclinaisons conservant un aspect
de poisson (total ou partiel, comme une représentation
d’écailles par exemple). Par contre une balle
nickelée au-dessus d’un triple, peut tout à
fait être dandinée. Même chose pour le
célèbre « zinzin » le fameux plomb
palette, il est tout à fait légal en cette période
de fermeture.
Comment comprendre le texte de loi.
L’article R*236-45 dit « Pendant
la période d’interdiction de la pêche du
brochet, la pêche au vif, au poisson mort ou artificiel
et aux leurres susceptibles de capturer ce poisson de manière
non accidentelle est interdite dans les eaux classées
en 2ème catégorie ».
Cet article ne se limite donc pas à la description
d’une ou plusieurs familles de leurre ou d’appâts,
mais à leurs possibilités de capturer NON ACCIDENTELLEMENT
ce poisson. Autrement dit la notion de capture accidentelle
avec des leurres autorisés n’est pas associée
à un acte répréhensible (si l’on
ne conserve pas le poisson qui lui est interdit à la
pêche). C’est cette nuance qui est de première
importance. Accidentellement il est toujours possible de faire
mordre un brochet sur une imitation de ver. Le zin-zin, peut
effectivement déclencher une attaque de brochet, mais
elle restera accidentelle dès lors que la dandine de
ce leurre sera pratiquée sur des secteurs réputés
de par leurs configurations comme étant des postes
à sandres ou à perche. Certes la nuance est
ténue et c’est pour cela que le législateur
a introduit cette notion de capture accidentelle, c’est-à-dire
non recherchée.
L’article R*236-45 spécifie aussi « que
cette interdiction ne s’applique pas à certains
cours d’eau et plans d’eau désignés
par arrêté du préfet » . ce qui
est le cas pour les rivières et plans d’eau mentionnés
dans l’encadré «les carnassiers".
Et c’est là que les pêcheurs doivent bien
comprendre la loi et ne pas faire de confusion. Sur ces plans
d’eau et rivières, tous les leurres sont autorisés.
Cela ne remet nullement en cause le fait qu’il est interdit
de conserver un brochet. Cette disposition permet de disposer
d’un panel plus important de leurres et d’appâts
à utiliser sans pour autant rendre l’espèce
brochet pêchable. Ceci explique pourquoi il est possible
sur ces lieux de se faire verbaliser si l’on a dans
son sac un brochet. Il suffit de lire attentivement l’article
R*236-45 pour bien se rendre compte que la notion «
cette interdiction ne s’applique pas…. »
s’adresse aux types de leurres mais non à l’espèce.
Les carnassiers.
Les carnassiers se pêchent dans les eaux de deuxième
catégories. Certaines espèces bénéficient
de période de fermeture. C’est le cas du brochet.
En Aveyron, le brochet est pêchable du 1er janvier au
27 janvier et du 10 mai au 31 décembre inclus. Sa taille
légale de capture est de 50 cm. Durant sa période
de fermeture, il est possible de pêcher le sandre et
la perche. Il existe cependant une restriction en matière
d’emploi de certains leurres (vif, morceau de poisson,
leurres artificiels évoquant un poisson, cuiller et
autres leurres susceptibles de capturer un brochet de façon
non accidentelle).La nouveauté cette année réside
dans la possibilité de pêcher avec l’ensemble
des leurres y compris ceux qui sont mentionnés ci-dessus
sur les rivières suivantes : Dourdou de Camarès,
Sorgues, rance et les lacs de retenus EDF suivants (Les Galens,
Montézic, Couesque, Cambeyrac, Golinhac, Villefranche-de-Panat,
Le Truel, Pinet. Cela ne signifie nullement qu’il est
possible sur ces sites, de pêcher et de conserver les
brochets capturés. Cette nuance est importante. Tous
les leurres y sont autorisés, mais l’espèce
brochet reste fermée.

Photo ci-dessus : Les leurres présentés
ci dessus permettent de pêcher le carnassier en toute
quiétude et en parfait respect de la loi. Les leurres
souples sont totalement dépourvus de flagelle et n’évoquent
pas le poisson.

Légende 1 : Des têtes plombées,
destinées à recevoir les leurres souples autorisés,
ne doivent comporter aucune marque pouvant rappeler un poisson,
y compris le signal ‘’œil’’.
Le plomb sert uniquement au lestage de l’ensemble.
Légende 2 : Le montage dit ‘’Plomb
palette’’ est parfaitement autorisé. Manié
verticalement, il est destiné à la capture des
sandres et des perches.
Jean-claude Vidal
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