Ce qu’il faut
retenir de la création des associations de bassin versant
c’est avant tout cette notion de solidarité entre
les AAPPMA d’une même bassin mais également
la révolution opérée dans le mode de
fonctionnement de la pêche associative intégrant
professionnalisme, bénévolat, vision d’ensemble
et enfin discours commun.
L’exemple de la réhabilitation de la Serre
peut nous servir de synthèse à ce chapitre
bassin versant :
- La Serre, rivière de plaine calcaire de 30km
Des aménagements hydrauliques lourds dans les années
70 (curage, recalibrage etc..) ont affecté la quasi
totalité du linéaire de telle sorte qu’aujourd’hui
elle est constituée de :
- faciès lents de faibles profondeurs sur 66% du
linéaire, 43% du linéaire des berges est sans
végétation arborée ou avec des peupliers
en formation discontinue.

La Problématique : quelles sont les types d’intervention
à mettre en œuvre et les linéaires à
aménager afin d’obtenir un réel bénéfice
pour le milieu ?
- Acquisition de données
- Nécessité de mettre en place des opérations
pilotes et bien sectorisées en fonction des éléments
disponible sur le cours d’eau via le SDVP.
- Evaluer pour le milieu l’intérêt des
actions entreprises via les suivis biologiques
- Obligation d’acquisition de données techniques
complémentaires et plus précises que celle
acquises dans le cadre du SDVP afin de cibler les futurs
sites éventuels à aménager.
- Collaboration obligatoire techniciens (FDAAPPMA, CSP,
association de BV) et collectivités piscicoles à
l’échelle du bassin versant
- Secteurs pilotes et suivis
Une fois les chantiers des secteurs pilotes réalisés
par l’association de bassin versant et/ou l’entreprise,
les suivis mis en place par la Fédération
et/ou le CSP valident ou non l’intérêt
des aménagements
La probité des résultats sur les secteurs
pilotes permettront ou non d’étendre la démarche
à un linéaire plus important.
- Communication autour de l’opération de restauration.
Interview
du président sur le forum

QUESTIONS
Pêcheaveyron.com /REPONSES
du Président
Laurent (Laug) : Jean, lorsque je t’ai proposé
ce questions/réponses avec les internautes tu m’as
dit ‘’banco’’ sans sourciller, cette
volonté d’ouverture est quand même assez
rare, incarnerais tu une nouvelle génération
de président ?
Jean : je ne crois pas, malgré
mes 45 ans ! ! la priorité aujourd’hui c’est
de sauver la pêche associative dans laquelle –
et c’est pas nouveau- tout n’est pas parfait
et peut, doit être amélioré.
Cette volonté d’amélioration
passe t’elle par plus d’ouverture, plus de clarté
avec les pêcheurs ?
Oui, la pêche a besoin de transparence
si on veut la sauver. Il nous faudra savoir communiquer
encore plus.
En matière d’ouverture, l’internet est
devenu un média incontournable !
Bien entendu, à ce propos
je tiens à remercier Bruno qui a fait – bénévolement,
j’insiste la dessus - de ce site un outil dans lequel
les pêcheurs semblent s’y retrouver d’après
les échos que j’en ai ! Je compte sur votre
binôme pour l’actualiser le plus souvent possible
mais aussi sur nos AAPPMA qui doivent le faire vivre encore
plus !
Concrètement Jean, cela fait 2 ans que tu es élus
à la Fédération de Pêche après
10 ans à la tête de l’association de
bassin versant ‘’Halieutilot’’,
ou en est elle notre pêche associative aveyronnaise
?
On peut dire qu’elle se porte
bien et qu’elle attaque sa mutation avec sérénité.
Qu’entends tu par mutation ?
Au niveau de la Fédération
cela passe par une réorganisation des tâches,
du personnels supplémentaires dans des secteurs bien
précis. Au niveau des gestionnaires, ma volonté
première c’est la mise en place des associations
de bassins versant, seule porte de sortie pour assumer des
grands projets et gagner en crédibilité face
aux partenaires.
crédibilité ?
Oui, la Fédération
de Pêche se doit d’être respectée
et crédible au niveau de sa cellule technique, animation,
administrative pour pouvoir ensuite se positionner comme
acteur incontournable de la politique de l’eau.
Ces associations de bassin versant constituent donc la
pierre angulaire de la nouvelle politique fédérale,
où en est on ?
Ces ‘’outils de travail’’
sont crées, certains depuis longtemps (Halieutilot
et Vivaveyron), on se félicite d’avoir vu émerger
en 2004 Halieutitarn et Halieutiviaur.
Les gestionnaires ont ils compris cette nécessité
de ‘’fusion’’ au sein d’un
même bassin ?
Il faut savoir que dans son volet
politique ‘’extérieure’’,
la réalité de la pêche est loin d’être
simple. La Fd aura un rôle de communication très
fort auprès des gestionnaires afin qu’ils puissent
appréhender ce que doit devenir la pêche associative
d’aujourd’hui.
Notre pêche a besoin de COHERENCE, avant de taper
sur les autres usagers de l’eau, elle doit être
cohérente en son sein, dans son discours, ses actions
etc…
Cette cohérence doit nous apporter la crédibilité
afin de monter, avec nos partenaires, des projets et d’intégrer
la politique d’aménagement du territoire, si
la pêche associative ne le fait pas, d’autres
le feront à sa place….
Cela ne vient il pas trop tard ?
Disons qu’il faut se hâter
lentement ! ! et trouver des partenaires solides.
Ces projets, qui les étudie, qui les pilote, bref
comment cela se passe ?
Pour qu’un projet soit accepté
par les partenaires, il faut qu’il soit étayé
scientifiquement par la cellule technique et qu’il
puisse amener des retombées économiques
du nécessaire mélange de professionnalisme
et de bénévolat…
tout à fait, c’est ce
qui nous différenciera et fera notre force.
Nous parlions de mutation précédemment, t’aurais
du plutôt instaurer le terme de ‘’révolution’’
! ta démarche bouleverse bon nombre d’habitudes..
et la tu me vois venir ! ! c’est pas le meilleur chemin
pour brider un second mandat !
Soyons clair, la réélection
ne m’obsède pas sans quoi nous n’aurions
pas entrepris ce chantier ! ! Je ferais tout pour que la
ligne directrice que l’on a crée soit suivie
par mon (éventuel) successeur.
Peu importe les Hommes, c’est cette stratégie
qui doit prévaloir !
Ca a le mérite d’être clair. Parlons
pêche désormais. La truite a longtemps été
considérée en Aveyron comme l’espèce
cible recherchée par les pêcheurs hors la Fédération
axe sa communication sur de nombreuses espèces autres
que la truite alors que nous possédons plus de 6000km
de cours d’eau de première catégorie
! explications ?
Pour ce qui est de la truite nous
sommes en train de faire le point via le PDPG afin de partir
sur de bonnes bases. Ma volonté est d’arriver
à déterminer assez vite les secteurs pouvant
supporter une vraie gestion patrimoniale et donc à
fortes valeurs ajoutées. Il est nécessaire
d’avoir cet état des lieux exhaustif pour bien
connaître ce qu’il reste du patrimoine truite.
Tout le reste, la 2eme, doit être mis en valeur car
nous ne devons pas sous estimer la montée en puissance
des pêches de la carpe et du carnassier alors que
nous avons des milieux formidables et complètement
sous exploités, je pense notamment aux grands lacs
et à quelques portions sauvages - portions sans microcentrales,
j’insiste la dessus - de rivières de seconde
catégorie.
Chaque chose en son temps, pour l’instant on bosse
sur la truite espèce fragile et symbole de la ressource
en eau.
Justement, la pêche de la carpe connaît un engouement
incroyable auprès d’un large public, en ce
sens la Fédération a ouvert un linéaire
très important de secteur ‘’pêche
de nuit’’ que d’aucuns considèrent
comme une exemplarité nationale, en même temps
cela a fait grincer beaucoup de dents…
Des grincements de dents ? attends
!! il faut savoir ce que l’on veut, cette pêche
connaît un engouement auprès des jeunes, j’ai
eu l’occasion de m’en rendre compte au salon
de Montluçon en 2002, il ne me paraîtrait pas
concevable de ne pas en tenir compte au regard de la nécessite
de recruter des jeunes pêcheurs qui peuvent, par la
suite, devenir de futurs gestionnaires.
Revenons sur la truite si je te dis que pour moi ‘’gérer
, pour une fédération, c’est mettre
en place une réglementation qui satisfait le plus
grand nombre de pêcheurs sans mettre en péril
les populations’’ cela te convient il ?
Si on raisonne avec une vision d’ensemble
je te répond non ! notre but c’est de protéger
les milieux.
Si on ne s’en tient qu’à la simple vision
de l’activité pêche alors je te dis oui.
Concernant la truite, tu es bien placé pour savoir
que 2 courants ‘’s’affrontent’’,
ceux qui veulent des mailles plutôt basses et un quota
élevé afin de prélever le plus possible
et d’autres qui voient en la pêche un sport
considérant que la truite devient un partenaire de
jeu dont la mort n’est pas nécessaire et qui
militent pour des quotas restreints, des mailles plus hautes
et pour la création de parcours no kill. Quelle est
ta positon la dessus ?
Pour moi, aujourd’hui, tout
cela demeure secondaire, ce sont simplement des actions
qui peuvent accompagner notre mission qui est actuellement
de se battre pour notre ressource en eau, sa qualité
et l’intégrité physique des milieux.
L’avenir de la pêche se joue là et pas
ailleurs ! simplement quand un ruisseau a perdu son eau
quelle maille ou quota peut on instaurer ?
Un ruisseau qui perd son eau c’est irréversible,
une maille mal adaptée ou un excès de prélèvements
peut être réglé l’année
d’après et cela je veux que les pêcheurs
en soient bien conscients.
Soyons clair, à l’heure actuelle, on a des
missions dont le PDPG établi par des hydrobiologistes
, leur boulot, aujourd’hui, c’est de me donner
les arguments pour mettre en place la meilleure gestion
possible.
Quand la cellule technique m’indique que sur un contexte
donné il faut du patrimonial ou modifier le quota
etc je les suis les yeux fermés mais derrière
je milite pour une politique de suivis afin d’avoir
des arguments et d’éviter de parler dans le
vide ou de gérer de façon empirique. En revanche,
s’ils se plantent, ça va barder… (rire)
Cependant, si je considère que les histoires de mailles,
quota c’est secondaire comparé à la
ressource en eau, je sais aussi agir avec diligence quand
cela est nécessaire, exemple le Tarn en seconde catégorie
avec le quota à 1 sous Millau.
De plus, nos suivis en cours (là où l’étude
des contextes du PDPG est achevée) montrent, hormis,
sur 1 cas (cf plus bas) que cela se passe plutôt bien
voire très très bien !
Tu comprends bien que je peux pas me focaliser la dessus
avec les enjeux environnementaux qui augurent.
Laisse nous nous positionner d’abord, ensuite on verra
!
En fait, dans ta politique fédérale, tu as
hiérarchisé les batailles qui doivent ,malheureusement,
être menées par la pêche associative
?
Bien entendu, il y a encore 20 ans
la nature n’avait pas subi les agressions qu’elle
subit aujourd’hui, les problèmes n’étaient
pas les mêmes et il fallait simplement gérer
les pêcheurs. Les rivières étaient encore
très généreuses.
Aujourd’hui gérer des pêcheurs cela ne
suffit plus, notre devoir est d’intégrer la
politique environnementale.
Il faut que les pêcheurs réalisent qu’avec
la multiplication du nombre d’utilisateurs de la ressource
en eau, nous ne sommes plus seuls à l’utiliser
c’est pourquoi, je le martèle, la pêche
associative doit rentrer dans la politique de l’eau
en tant qu’acteur fort et pour cela on a besoin de
crédibilité, je crois que le message est clair.
On passe aux questions des internautes ?
Ok on y va
QUESTIONS
du Forum /REPONSES du Président
Trout : Quel doit être, dans votre
conception, le rôle et le niveau d'implication (financier,
technique....) des fédérations de pêche
dans la protection des milieux aquatiques ?
Quel rôle pour les fédérations de pêche
dans le futur proche qui va voir bon nombre de réformes
des institutions de la pêche ?
La priorité c’est une
implication scientifique forte car pour que les dossiers
soient reconnus on a besoin de les étayer scientifiquement
et techniquement et cela demande bien évidemment
des moyens pour payer des professionnels, monter les dossiers
etc etc…étant donné que notre budget
n’est pas à rallonge cela nécessite
une redistribution rigoureuse de l’argent en fonction
des priorités.
La réforme n’étant
pas pour l’instant définie j’ai du mal
à vous répondre.
En revanche il est certain que les suivis des milieux que
nous mettons en place vont constituer une priorité
et il ne serait pas inintéressant que nous devenions
incontournable en la matière. Actuellement qui d’autres
que nous connaît le réseau secondaire du réseau
hydrographique ?
Les stations de suivis que nous commençons à
mettre en place sont des stations sentinelles (données
poissons, physico-chimique, habitat, débit etc..)
qui nous permettront d’alerter qui de droit en cas
de pépins !!
JBC : Bonjour, je souhaiterai connaître
le montant du budget que vous alloue le club halieutique.
Si c'est trop confidentiel, on oublie le montant du budget.
Pas de problème : 115000€
1) Est-ce que toutes les fédés sont libres
de répartir comme elles l'entendent, quelle est la
politique du club sur cette question?
Oui, le club n’a pas à
s’immiscer dans la gestion financière d’une
quelconque FD
2) Dans le cas de la fédé12, est-ce que cela
reste dans la trésorerie de la fédé
aveyron pour promouvoir le tourisme pêche ou pour
financer d'autres missions ? si oui, lesquelles.
3) Est-ce que les aappma touchent une part ou la totalité
de cet argent?
4) Si elles touchent quelque chose dessus, comment cela
est-il redistribué?
Quelle règle est appliquée chez la fédé
12 ?
La dotation du club reste dans le
budget de la Fd ce qui lui permet d’assurer une partie
de ses missions.
La répartition se fera en fonction des conclusions
affichées par le PDPG et des futures actions à
entreprendre sur chaque contexte et donc sur le secteur
d’une ou plusieurs AAPPMA
Rajoutons que, toujours en fonction des conclusions du PDPG,
la dotation de poissons d’alevinages de fond est gratuite
et que les truites surdensitaires seront fournies à
des prix préférentiels.
Je vais vous prendre un exemple, en ce moment, nous travaillons,
pour le PDPG, sur un contexte du sud aveyron.
Il faut savoir que chaque ruisseau ou rivière du
contexte est inventorié par pêche électrique
parfois sur 2 ou 3 stations différentes, des IBGN
sont réalisés etc… bref une étude
globale est menée, les données accumulées
sont traitées, analysées et permettent de
définir les actions à entreprendre que les
suivis valideront ou non.
Cet accès à la connaissance du contexte pour
les gestionnaires locaux vaut tous les alevins résorptions
du monde……
Cette mise à disposition de la cellule technique
s’accompagne de celle du personnel d’animation.
En résumé cela n’est pas redistribué
en argent brut mais en terme de compétence ou de
service.
5) Si elles touchent quelque chose dessus, comment cela
est-il redistribué?
Quelle règle est appliquée chez la fédé
12?
(En fonction de la popularité des coins de pêches,
proportionnellement au linéaires des baux de pêches
signés réellement détenus par l'aappma,
suivant ses actions de l'aappma face aux orientations fédérales
?
Il y a t-il la carotte et le bâton ?)
Ici il n’y pas d’ostracisme
envers les aappma, elles sont toutes considérées
sur le même plan en fonction de leurs demandes.
6) Toutes les fédé ont obligation de faire
le plan de gestion piscicole.
Un CA est-il obligé de mener une politique en respectant
scrupuleusement les conclusions des plans de gestions. je
pense aux alevinages et déversement de poissons surdensitaires.
Si on veut être crédible
auprès des instances administratives et politiques
on a toute intérêt à avoir un plan de
gestion piscicole solide et rigoureusement suivi.
7) Si, par exemple, une aappma n'en fait qu'a sa tête
et ne suit pas du tout les choix émis par la fédé,
quel est votre champs d'action.
Les gestionnaires doivent prendre
leurs responsabilités, si une AAPPMA ne suit pas
ce qui est émis par la Fd elle doit être a
même de s’en expliquer et dans ce cas là
une discussion est ouverte au sein du conseil d’administration.
Si cela n’est pas justifié elle perd l’appui
de la fédération.
La question est celle ci : que peut représenter une
AAPPMA, seule, sans compétence scientifique etc..
face au pouvoir public, décideurs et autres..
Soyons sérieux…avec les enjeux qui arrivent
la première des choses c’est la cohésion
! ! ! une AAPPMA aveyronnaise qui se retirerait pour des
histoires de poissons, de maille, quota ou je ne sais quoi
d’autres c’est qu’elle est à côté
de la plaque.
8) Inversement si la fédé fait tout de travers
et que des AAPPMA entreprennent des actions type plan de
gestion, peut-elle s'y opposer?
Non, elle ne peut pas s’y opposer
mais cela suppose que l’AAPPMA ait les énormes
moyens (techniques, financiers, géographiques, baux
de pêche etc…) à sa disposition et que
le législateur prévoit ce qu’elle veut
mettre en place ! !
Difficile pour moi de répondre
à cette question puisque le cas ne se pose pas en
Aveyron. La concertation et l’intelligence des hommes
doivent aplanir ce genre de difficultés dans l’intérêt
de la pêche associative.
Claude1 : Le quota à 10 poissons
par jour. ?
4 à 5 poissons par jour devraient suffire largement
aujourd’hui ?
Evoquée lors des A.G. de Nant et Millau (entre autres),
l’idée va-t-elle déboucher sur un véritable
débat au sein de la fédération de pêche
?
Bon on a 2 angles d’approche
:
Le premier qui consiste à
penser que le quota actuel n’est pas dangereux sur
la majorité de notre linéaire de première
catégorie, les suivis de la cellule technique le
démontrent années après années.
Lorsqu’il l’est, on le modifie ! cependant il
faut espérer que l’on n’ait pas à
le modifier tous les 4 matins car pour une fédération
de pêche nous avons besoin d’une certaine harmonisation
au niveau du département et d’une lisibilité
pour les pêcheurs
Le second qui consiste à voir l’angle éducatif
. Avec une première catégorie dont les linéaires
ont plutôt tendance à se réduire qu’à
se maintenir, on peut effectivement se dire que 10 truites
aujourd’hui dans un panier cela n’a plus de
sens.
Honnêtement pour moi, encore
une fois, je hiérarchise les priorités et
m’attaquer au quota actuellement n’en est pas
une, hormis, je me répète, en cas d’urgence.
De toute façon c’est un débat qui devra
avoir lieu.
Vous n’ignorez pas que la situation en haute Dourbie
(en eau acide) est loin d’être idéale.
Ne devrait-on pas s’inspirer de la courageuse décision
prise par les A.A.P.P.M.A. en aval de Millau pour préserver
ces endroits particulièrement fragiles ?
En revanche la dessus, le staff technique
via les suivis me montre, apparemment, un problème
thermique et, comme sur le Tarn, je ne m’opposerai
pas une réglementation restrictive. Apres le problème
est clair, on doit harmoniser pour que le pêcheur
s’y retrouve, doit on harmoniser vers le haut ou vers
le bas ? Ce sera au conseil d’administration de trancher,
cela fait partie des préoccupations fédérales.
E t puis, n’oubliez pas que le PDPG n’étant
pas terminé il nous est difficile d’avoir une
vision d’ensemble du département, nous devons
donc attendre ses conclusions afin de raisonner globalement
mais la porte reste ouverte en cas d’urgence.
Lau : La même que claude, avec la
suivante en bonus : comment peut-on modifier le code rural
qui se contredit en stipulant d'un côté que
la maille doit permettre au poisson de se reproduire au
moins une fois et qui de l'autre limite la taille légale
à 25 cm ? Est-il possible d'abroger la deuxième
mesure qui limite la maille à 25 cm
A ce jour, les suivis que l’on
a mis en place sont sans équivoques. Sur les milieux
conformes qui représentent entre 20 et 30% du département,
les mailles de 20 ou 23cm ne posent aucun problème.
Si je m’en tiens aux conclusions de la cellule technique,
sur les milieux perturbés, ce sont rarement les géniteurs
qui font défaut mais plus des problèmes de
colmatage par le sable ou de température estivale
limitantes pour les juvéniles. On en revient toujours
à la même chose, la ressource en eau !
Concrètement, c’est par le biais de l’UNPF
que ce texte peut être modifié. L ’Union,
arguments scientifiques à l’appui, peut proposer
au législateur d’étendre la maille de
la truite à 25cm ‘’ou plus’’.
C’est ce cheminement qui permettra, au 01/01/2005
, de passer la maille du black bass de 23cm à 30cm
sur l’ensemble du territoire.
Pensez que la modification que vous réclamez doit
avoir une portée globale au niveau de l’hexagone,
cela nécessite que plusieurs fédérations
en fassent la demande auprès de l’UNPF.
Faisons aussi attention à ce type de demande car
vouloir à tout prix que la maille, sur les cours
d’eau à forte croissance, soit adaptée
aux truites matures (donc > 25cm), cela signifie qu’on
me demandera de l’adapter sur les cours d’eau
à faible croissance ! ! dans ces cas là ;
la descendre, parfois, jusqu’à 14, 16 ou 18cm
en montagne alors que les 20cm actuels surprotègent
les géniteurs…
Jeff : Une AAPPMA peut-elle s'exclure partiellement
du club halieutique ( Brusque, Fayet, Camares ) ?
Dans ce cas précis, les critères de droit
de pêche ne peuvent-ils pas être considérés
comme discriminatoires ?
Toujours sur ce même cas, sur quels motifs un pêcheur
s'étant acquitté de son permis dans l'Hérault
( exemple ) peut-il être sanctionné ?
A l’heure actuelle mon plus
grand souhait est que ces 3 AAPPMA reviennent dans le système
associatif complet.
Ensuite votre question relance le débat sur les baux
de pêche. Si l’AAPPMA a des baux signés,
le pêcheur sera sanctionné.
Et enfin, la fédération de l'Aveyron verse-elle
à ces AAPPMA la part reçue du Club Halieutique
?
Réponse ci dessus.
Nico C : Cette année une "grande
loi" sur l'eau va très certainement profondément
changer ce fonctionnement. Le CSP semble déjà
enterré, l'UNPF militant dans ce sens va probablement
en tirer un maximum de bénéfice. En plus de
ce changement qui me semble primordial, la futur loi veut
transformer. Pouvez vous me dire de ce qui vous pensez (sans
langue de bois) de cette loi ainsi que du point particulier
du CSP ?
N’allons pas trop vite, pour
l’instant rien n’est arrêté mais
des changements auront bien lieu. En ce qui me concerne
la perte du CSP, soutien technique, est grave puisqu’il
va bien falloir le remplacer et ça uniquement à
la charge financière des pêcheurs et pour l’instant
rien ne me dit que des subsides vont tomber dans l’escarcelle
de la pêche associative bien que toutes les fédérations,
par le biais de l’UNPF, militent en ce sens.
Actuellement j’ai beaucoup de difficultés à
vous répondre puisque rien n’est arrêté
et tout se modifie sans cesse, attendons avant de commenter
!
D'autre part, je suis personnellement convaincu de l'erreur
historique qui a vu la privatisation des rivières
en France en 1792, ceci posant aujourd'hui le problème
des baux de pêche et de tout ce qui en découle.
Etes vous favorable à cet etat de fait, ou pensez
vous au contraire qu'il serait nécessaire d'envisager
une solution (qui n'est pas forcement la nationalisation
des cours d'eau) ?
Je suis d’accord avec vous
sur l’analyse historique, il existe cependant une
solution constitutionnelle. La loi nous a confié
la protection des milieux aquatiques et la gestion des ressources
piscicoles, faut il encore que l’outil de travail
(le droit de pêche) soit à notre disposition
ce qui n’est pas le cas à l’heure actuelle.
Cela reste bien évidemment un de mes souhaits essentiels.
Enfin quel est selon vous l’échelon le plus
cohérent pour la gestion de la pêche (rivières,
bassins versant, communes, départements, régions
ou Etat) ?
Sur le plan écologique, pour
moi, l’idéal serait une gestion cohérente
de la source à l’embouchure.
Le problème c’est que cet idéal se heurte
à des contraintes administratives fortes (changements
de départements, de régions, de partenaires).
Cette question est d’ailleurs d’actualité
au sein des instances nationales de la pêche associative.
John :
Etant donné le succès de l'implantation du
Blackbass au lac de Pont de Salars, est-ce que l'introduction
de l'espèce est prévue sur d'autres lacs écologiquement
proche de Pont de Salars, par exemple Golinhac ??? Et pour
le Lot Aveyronnais, est-ce envisagé ?
Il semblerait qu’il y ait une
bonne implantation du black bass sur Pont de Salars (reproduction
constatée) cependant il nous faut encore un peu de
recul avant de crier victoire.
Si nous arrivons à gérer correctement l’halieutisme
sur ce lac , on pourra étendre la démarche
sur d’autres lacs à condition qu’ils
soient biologiquement compatibles avec le développement
du bass.
Laurent : bon Jean, nous en avons fini,
un dernier mot ?
Bien sur, je voudrais d’abord
remercier les internautes pour toutes ces questions pertinentes
et m’excuser, aussi, pour le retard dans les réponses
!
Pour conclure, je voudrais souligner que l’avenir
de la pêche associative en France va se bâtir
sur l’implication et la responsabilisation des titulaires
d’une carte de pêche, véritables élus
en puissance.
Ma volonté d’ouverture, de communication, repose
sur ce message : de votre implication dépendra l’avenir
de la pêche ! rien n’est impossible, soyez en
certains.